GREKOVA, PLATONOV
GREKOVA (sortant de la maison)
Pourquoi criez-vous, Platonov ? Êtes-vous ivre, ou fou ?
PLATONOV
Ni l'un ni l'autre. Je ne faisais qu'exprimer mon opinion sur l'incohérence humaine. Si vous le voulez - et pour votre bien personnel - je la répéterai.
GREKOVA
Merci ! - Vous feriez bien mieux de tenir compte de l'opinion des autres sur vous-même. Il y a un certain nombre de choses que j'aimerais vous dire, moi aussi, mais à quoi bon !
PLATONOV
Exprimez-vous, exprimez-vous, ma beauté !
GREKOVA
Ceux qui prétendent que je suis belle manquent de goût. (Un temps.)
Me trouvez-vous vraiment belle ? - Soyez franc !
PLATONOV
Je vous répondrai plus tard. Dites d'abord ce que vous vouliez me révéler : l'homme que je suis.
GREKOVA
Vous êtes soit un être extraordinaire soit un vaurien sans scrupule. L'un ou l'autre. (Platonov rit.)
Bon, riez, si vous trouvez cela drôle.
(Et elle rit elle-même.)
PLATONOV (riant toujours)
C'est qu'elle l'a dit, cette petite dinde ! Allons, continuez. (Il passe son bras autour de la poitrine de Grekova.)
Une fille comme vous ! majeure et émancipée ! qui a des connaissances philosophiques ! du goût pour la chimie ! et qui dit de telles sottises !
(Il l'embrasse.)
GREKOVA (se débattant)
Mais je vous en prie ! (Elle se dégage et s'assied.)
Pourquoi m'embrassez-vous ?
PLATONOV
C'est bien ce que vous vouliez, n'est-ce pas ? et que j'ajoute : quelle fille perspicace ! (Il l'embrasse à nouveau.)
Regardez comme elle est émue.
(Il l'embrasse encore.)
GREKOVA
Vous m'aimez ? - Oui ?
PLATONOV (l'imitant)
"Vous m'aimez" ?
GREKOVA (en larmes)
Vous ne m'auriez pas embrassée sans cela, n'est-ce pas ? (Marmottant :)
Vous m'aimez ? Vous m'aimez ?
PLATONOV
Pas le moins du monde, ma beauté ! Mais j'aime les petites folles ! Quand je n'ai rien de mieux à faire ! Ça y est, la voilà qui pâlit de colère. Et ses yeux lancent des éclairs. Elle est prête à me gifler.
GREKOVA
Je suis fière, je ne voudrais pas me salir les mains. (Elle se lève.)
Je vous ai dit tout à l'heure que vous pouviez être soit un être magnifique, soit un vaurien. Eh bien, je sais que vous n'êtes qu'un vaurien ! Je vous déteste ! (Elle s'en va vers la maison.)
Vous me le paierez.
(Elle se dirige vers la maison et rencontre Nicolas Triletzki sur l'escalier.)
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