La Ferme des animaux raconte la révolte d’une communauté d’animaux contre leur maître, M. Jones, fermier négligent et violent. Lassés d’être exploités et affamés, les animaux chassent les humains et prennent le contrôle de la ferme. Ils rêvent d’un monde nouveau, fondé sur l’égalité et la justice, où chacun travaillerait pour le bien commun.
Les cochons, plus instruits que les autres, prennent naturellement la tête du mouvement. Ils élaborent une doctrine appelée Animalisme et inscrivent sur un mur des règles destinées à garantir l’égalité entre tous. Au départ, la ferme semble prospérer : le travail est organisé, l’espoir est fort, et la révolution paraît réussir.
Mais très vite, un conflit de pouvoir oppose deux cochons : Boule de Neige, inventif et idéaliste, et Napoléon, plus secret, autoritaire et ambitieux. Napoléon fait chasser Boule de Neige grâce à une milice de chiens qu’il a élevée en secret. Dès lors, il installe une dictature progressive : les réunions sont contrôlées, les décisions ne sont plus discutées, et toute critique devient suspecte.
Pour maintenir l’obéissance, le régime s’appuie sur la propagande, incarnée par Brille-Babil, et sur la peur. Boule de Neige devient le bouc émissaire de tous les problèmes. Les règles de l’Animalisme sont modifiées en douce, jusqu’à perdre leur sens initial. Pendant que les cochons s’accordent des privilèges (meilleure nourriture, maison du fermier, commerce avec les humains), les autres animaux travaillent toujours plus, croyant servir l’idéal révolutionnaire.
Le cheval Malabar, travailleur infatigable et fidèle, symbolise cette confiance aveugle : il s’épuise à la tâche, convaincu que tout sacrifice est nécessaire. Lorsqu’il devient trop faible, il est trahi et envoyé à l’abattoir, tandis qu’on raconte aux animaux une version “héroïque” de sa fin. Peu à peu, l’écart entre les cochons et le reste de la ferme devient abyssal.
À la fin, les cochons marchent sur deux pattes, reprennent les habitudes humaines et invitent les fermiers à partager repas et jeux. La ferme revient presque à son état initial, mais avec un nouveau maître : les animaux comprennent alors que la révolution a été détournée. Devant la scène, il devient impossible de distinguer les cochons des hommes.
Sage l’Ancien – Vieux cochon inspirateur de la révolte, porteur du rêve d’égalité ; il lance l’idée révolutionnaire avant de mourir.
Napoléon – Cochon autoritaire et calculateur, qui confisque le pouvoir et transforme l’utopie en dictature.
Boule de Neige – Cochon idéaliste et inventif, rival de Napoléon, chassé puis utilisé comme bouc émissaire.
Brille-Babil – Porte-parole du régime, expert en discours et en manipulation ; il justifie toutes les contradictions.
Malabar – Cheval de trait, symbole du travail et de la loyauté ; sa naïveté le mène à une fin tragique.
Benjamin – Âne lucide et sceptique, peu bavard, qui comprend tôt la dérive du pouvoir.
Les moutons – Masse docile et influençable, répétant des slogans et étouffant toute contestation.
M. Jones – Fermier renversé au début du récit ; il incarne l’oppression initiale contre laquelle la révolte éclate.
La révolution et la trahison des idéaux
Le totalitarisme et la confiscation du pouvoir
La propagande, le mensonge et la manipulation des masses
La réécriture de l’histoire et la fabrication d’un bouc émissaire
L’exploitation du travail et l’injustice sociale
La naïveté, la peur et la soumission collective
Registre satirique : critique politique déguisée en histoire d’animaux.
Registre allégorique : chaque personnage et chaque événement renvoie à une réalité historique et idéologique.
Style simple et efficace, proche de la fable, qui rend la critique accessible et percutante.
Narration linéaire, avec une progression qui montre la lente dérive du pouvoir.
Montrer qu’une révolution peut être détournée par une minorité qui cherche le pouvoir plutôt que l’égalité.
Dénoncer les mécanismes du totalitarisme : peur, police, culte du chef, propagande, falsification.
Alerter sur la facilité avec laquelle une population épuisée et peu instruite peut être manipulée.
Souligner que le langage et la vérité sont des armes politiques : changer les mots permet de changer la réalité.
Rappeler que, sans mémoire et sans esprit critique, l’exploitation se reproduit sous une autre forme.
Publié en 1945, juste après la Seconde Guerre mondiale, dans un contexte de désillusions politiques et de tensions idéologiques.
Orwell y propose une fable inspirée de la révolution russe et de la dérive stalinienne, en critiquant le totalitarisme au nom d’un idéal trahi.
Le roman s’inscrit dans la tradition de la satire politique, et reste une œuvre majeure pour comprendre la manipulation du pouvoir et des masses.
Pourquoi les animaux se révoltent-ils contre M. Jones au début du roman ?
Quelles sont les promesses de l’Animalisme, et comment sont-elles présentées aux animaux ?
Comment Napoléon parvient-il à prendre le pouvoir et à écarter Boule de Neige ?
Quel rôle joue Brille-Babil dans le maintien de la dictature ?
Que montre le destin de Malabar sur la logique du régime mis en place ?
Pourquoi les animaux se révoltent-ils contre M. Jones au début du roman ?
Parce qu’ils sont maltraités, exploités et parfois affamés. La négligence du fermier et l’injustice quotidienne déclenchent leur désir de vivre libres, sans domination humaine.
Quelles sont les promesses de l’Animalisme, et comment sont-elles présentées aux animaux ?
L’Animalisme promet l’égalité, la fin de l’exploitation et une ferme gouvernée pour le bien de tous. Les cochons l’exposent comme un idéal simple, avec des règles claires et des slogans faciles à retenir.
Comment Napoléon parvient-il à prendre le pouvoir et à écarter Boule de Neige ?
Il utilise la force en s’appuyant sur des chiens dressés en secret. Ensuite, il impose son autorité en supprimant le débat, en contrôlant les réunions et en faisant de Boule de Neige un ennemi responsable de tout.
Quel rôle joue Brille-Babil dans le maintien de la dictature ?
Il manipule les mots et les esprits : il justifie les privilèges des cochons, transforme les échecs en victoires, modifie les règles et persuade les animaux que tout est fait pour leur bien.
Que montre le destin de Malabar sur la logique du régime mis en place ?
Il montre que le régime exploite les plus loyaux jusqu’à l’épuisement, puis les abandonne quand ils ne sont plus utiles. La propagande sert ensuite à masquer la trahison et à maintenir la soumission.