Une semaine encore, et je pars…
Partirai-je vraiment ? Il y a des heures, il y a des jours où j’en doute. Des jours, surtout, de printemps précoce, où mon ami m’emmène hors de Paris, dans ces parcs battus, sillonnés d’automobiles et de bicyclettes, mais que l’aigre et fraîche saison fait mystérieux quand même. Un brouillard mauve, à la fin de l’après-midi, approfondit les avenues, et la trouvaille inespérée d’une jacinthe sauvage, qui balance au vent trois cloches effilées en porcelaine d’un bleu naïf, y prend le prix d’un larcin…
La semaine passée, nous avons marché longtemps, sous un soleil matinal, dans le Bois où galopent les palefreniers. Nous étions, l’un contre l’autre, actifs, contents, peu bavards, et je chantonnais une petite chanson qui fait marcher vite… Au détour d’une allée cavalière déserte, nous nous arrêtâmes, nez à museau, devant une biche toute jeune, dorée, qui perdit contenance à notre vue et s’arrêta au lieu de s’enfuir.
Elle haletait d’émotion et ses genoux fins tremblaient, mais ses longs yeux, allongés encore d’un trait brun — comme les miens, — exprimaient plus d’embarras que de peur. J’aurais voulu toucher ses oreilles, orientées vers nous, pelucheuses comme les feuilles des bouillons-blancs, et ce doux museau de velours cotonneux. Quand j’étendis la main, elle tourna le front d’un mouvement sauvage et disparut.
— Vous ne l’auriez pas tuée, à la chasse, Max ? demandai-je.
— Tuer une biche ? pourquoi pas une femme ? répondit-il simplement.
Ce jour-là, nous avons déjeuné à Ville-d’Avray, comme tout le monde, dans ce restaurant qui suspend au bord de l’eau de singulières terrasses, des terrasses à manger et à coucher, et nous fûmes sages comme des amants déjà rassasiés. J’aimais à constater, chez Max, la même sérénité passionnée dont m’imprègnent l’air libre, le vent pur, les arbres… Accoudée, je regardais l’eau plate de l’étang, trouble, oxydée par places, et les noisetiers aux chenilles pendantes. Puis mes yeux revenaient au bon compagnon de ma vie, avec le solide espoir d’édifier, pour lui, un bonheur aussi long que cette vie même…
Partirai-je vraiment ? Il y a des heures où je m’occupe, comme en rêve, de mon départ. Le sac de toilette, la couverture roulée, le manteau imperméable, exhumés des armoires, ont reparu au jour, avachis, couturés, et comme excédés de voyages… J’ai vidé avec dégoût des boîtes de blanc-gras rance, de vaseline jaunie qui pue le pétrole…
Ces outils de mon métier, je les manie sans amour, à présent. Et Brague, venu aux nouvelles, a été reçu si distraitement, si cavalièrement, qu’il est parti très pincé et, ce qui est plus grave, sur un « au revoir, chère amie » du meilleur ton. Bah ! j’ai bien le temps de le voir, et de le dérider, en quarante jours !… Je l’attends tout à l’heure, pour les dernières instructions. Max viendra un peu plus tard…
— Bonjour, chère amie.
Je m’y attendais ! Mon camarade est encore froissé.
— Non, écoute, Brague, en voilà assez ! Ça ne te va pas du tout, le genre noble-faubourg ! On est là pour causer sérieusement. Tu me fais penser à Dranem en Roi-Soleil, quand tu m’appelles « chère amie » !
Brague, vite égayé, se cabre :
— Le genre faubourg ! pourquoi donc pas ? Je dégote Castellane, quand je veux ! Tu ne m’as jamais vu en habit ?
— Non !
— Moi non plus… Dis donc, il est sombre, ton petit… boudoir ! Si on allait dans ta chambre ? on causerait plus clair.
— Allons dans ma chambre…
Brague avise tout de suite, sur la cheminée, une photographie de Max : Max en veston neuf, raide, le noir des cheveux trop noir, le blanc des yeux trop blanc, officiel et un peu risible, mais très beau tout de même.
Brague examine le portrait, en roulant sa cigarette :
— C’est ton ami, décidément, le type, hein ?
— C’est… mon ami, oui.
Et je souris gentiment, avec un air idiot.
— Il est chic, y a pas ! On jurerait quelqu’un du gouvernement ! Qu’est-ce qui te fait rire ?
— Rien… c’est cette idée qu’il pourrait être du gouvernement ! Ça ne lui ressemble guère.
Brague flambe sa cigarette, et m’observe, l’œil en coin :
— Tu l’emmènes ?
Je hausse les épaules :
— Non, voyons ! C’est pas possible ! Comment veux-tu ?
— Mais je ne veux pas, justement ! s’écrie Brague rasséréné… Ça, c’est bien, ma gosse, tu sais ! C’est que j’en ai vu, moi, des tournées foutues, parce que Madame ne veut pas quitter Monsieur, ou que Monsieur veut surveiller Madame ! C’est des disputes, c’est des bécottages, c’est des brouilles, c’est des réconciliations où on ne peut plus se tirer du pieu, c’est les jambes ramollies en scène et les yeux au beurre noir : C’est la vie gâtée, quoi !… Parlez-moi d’un joli voyage où on est entre copains ! Tu me connais, j’ai jamais varié là-dessus : l’amour et le métier ça ne va pas ensemble. Et puis, enfin, quarante jours, c’est pas l’éternité : on s’écrit et après on se retrouve, on se recolle… Il a son bureau, ton ami ?
— Son bureau ? Non, il n’a pas de bureau.
— Il a… sa fabrique d’autos ? enfin, il bricole ?
— Non.
— Il ne fait rien ?
— Rien.
Brague fait entendre un sifflement qui peut s’interpréter d’au moins deux manières…
— Rien de rien ?
— Rien.
— C’est épatant !
— Qu’est-ce qui t’épate ?
— Qu’on puisse vivre comme ça. Pas de bureau. Pas de fabrique. Pas de répétitions. Pas d’écurie de courses ! Ça ne te paraît pas drôle, à toi ?
Je le regarde en dessous, d’un air gêné et un peu complice :
— Si.
Je ne puis répondre autre chose. L’oisiveté de mon ami, cette flânerie de lycéen en vacances perpétuelles est un sujet fréquent d’effarement pour moi, presque de scandale…
— Moi, je crèverais, déclare Brague après un silence. Question d’habitude !
— Sans doute…
— Maintenant, dit Brague en s’asseyant, parlons peu et parlons bien. Tu as tout ce qu’il te faut ?
— Naturellement, voyons ! Mon costume de Dryade, le neuf, un rêve ! vert comme une petite sauterelle, et il ne pèse pas cinq cents grammes ! L’autre est retapé, rebrodé, nettoyé, tu le jurerais neuf : il peut faire soixante représentations sans faiblir.
Brague fronce la bouche :
— Heu… tu es sûre ? T’aurais pu te fendre d’une pelure neuve, pour l’Emprise !
— C’est ça ! et tu me l’aurais payée, hein ! Et ta culotte de l’Emprise, en peau de daim brodé, qui a pris la couleur de toutes les planches qui l’ont cirée, est-ce que je te la reproche, moi ?
Mon camarade lève une main dogmatique :
— Pardon, pardon ! ne confondons pas ! Ma culotte est magnifique ! elle a pris de la patine, du fondu : elle a l’air d’un grès artistique ! ça serait un crime que de la remplacer !
— Tu n’es qu’un grigou ! lui dis-je en haussant les épaules.
— Et toi une râleuse !…
Ah ! ça fait du bien de s’attraper un peu ! Ça repose. Nous sommes l’un et l’autre juste assez piqués pour que la dispute ressemble à une chaude répétition…
— … Rompez ! crie Brague. La question costumes est vidée. Passons à la question bagages.
— Comme si j’avais besoin de toi pour ça ! C’est la première fois que nous partons ensemble, peut-être ? Tu vas m’apprendre à plier mes chemises ?
Brague laisse tomber sur moi, entre ses paupières plissées par les grimaces professionnelles, un regard écrasant :
— Pauvre créature ! Manchote et bancale cervelle ! Cause, cause, fais du bruit, réveille ton hanneton ! Si je vais t’apprendre ? Probable que je vais t’apprendre ! Écoute, et tâche de saisir : les excédents de bagages sont à nos frais, pas ?
— Chut !
Je l’arrête d’un signe, émue d’avoir entendu dans l’antichambre deux discrets coups de timbre… C’est lui ! Et Brague qui est encore là !… Après tout, ils se connaissent…
— Entrez, Max, entrez… C’est Brague… Nous parlons tournée : ça ne vous ennuie pas ?
Non, ça ne l’ennuie pas ; mais, moi, ça me gêne un peu. Mes affaires de music-hall sont de pauvres choses, précises, commerciales, auxquelles je ne voudrais pas mêler mon ami, mon paresseux ami chéri…
Brague, très gentil quand il veut, sourit à Max.
— Vous permettez, Monsieur ? C’est la cuisine du métier que nous mijotons là, et je me vante d’être un cuisinier économe, qui ne laisse rien perdre et ne fait pas danser l’anse.
— Mais je vous en prie ! se récrie Max. Au contraire, ça m’amusera, moi qui n’y connais rien ; je m’instruirai…
Le menteur ! Pour un homme que ça amuse, il a l’air bien méchant, et bien triste.
— Je reprends ! commence Brague. La dernière tournée, celle de septembre, on a mangé, si tu te souviens, jusqu’à des dix et onze francs d’excédent de bagages par jour, comme si on était Carnegie.
— Pas tout le temps, Brague !
— Pas tout le temps. Il y a eu des jours à trois francs, à quatre francs d’excédent. C’est déjà trop. Pour ma part, j’en ai assez. Qu’est-ce que tu as comme bagages, en dehors de la valise à main ?
— Ma malle noire.
— La grande ? C’est du délire. Je n’en veux pas.
Max tousse…
— Voilà ce que tu vas faire : tu te serviras de la mienne. Dans le dessus : costumes de scène. Deuxième compartiment : notre linge, — tes chemises, tes culottes, tes bas, mes chemises, mes caleçons, eccetera.
Max s’agite…
— … et, au fond, chaussures, complet de rechange pour toi-z-et moi, bibelots, eccetera. Tu comprends ?
— Oui, c’est pas bête.
— Pourtant… dit Max.
— De cette façon, poursuit Brague, nous avons un seul gros colis (le Troglodyte, il s’arrangera ! sa mère, qui est plumeuse, lui prêtera un panier !) un, en tout et pour tout. Suppression de l’excédent, réduction des pourboires aux facteurs des gares, aux garçons de théâtre, eccetera… Si nous n’y gagnons pas cent sous par jour chacun je veux bien me faire ténor !… Tu changes de linge tous les combien, en tournée ?
Je rougis, à cause de Max.
— Tous les deux jours.
— Ça te regarde. Comme on se blanchit dans les grands patelins, Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, — je compte douze chemises et douze petits grimpants, le reste à proportion, — je suis grand et généreux ? Enfin, je me fie à toi pour être raisonnable.
— Sois tranquille !
Brague se lève, serre la main de Max :
— Vous voyez que c’est vite bâclé, Monsieur. Toi, rendez-vous à la gare, à sept heures un quart, mardi matin.
Je l’accompagne jusqu’à l’antichambre et, quand je reviens, une tempête de protestations, de lamentations et de reproches m’accueille :
— Renée ! c’est monstrueux ! ce n’est pas possible ! vous avez perdu la tête ! Vos chemises, vos chemises à vous, et vos petits pantalons trop courts, mon amour chéri, pêle-mêle avec les caleçons de cet individu ! Et vos bas avec ses chaussettes, peut-être ! Et tout ça pour économiser cent sous par jour ! Quelle dérision et quelle misère !
— Comment, quelle misère ? Ça fait deux cents francs !
— Eh ! je sais bien ! une telle mesquinerie…
Je retiens une réplique qui le blesserait : où aurait-il appris, l’enfant gâté, que l’argent, — l’argent qu’on gagne ! — est une chose respectable, sérieuse, qu’on manie avec sollicitude et dont on parle gravement ?
Il s’essuie le front, avec un beau mouchoir de soie, violet. Depuis quelque temps, mon ami témoigne d’un extrême souci d’élégance : il a des chemises magnifiques, des mouchoirs assortis à ses cravates, des chaussures à guêtres de daim… Je n’ai pas manqué de m’en apercevoir, car le moindre détail de toilette prend, sur ce cher Grand-Serin à l’encolure un peu lourde, une importance presque choquante…
— Pourquoi consens-tu à cela ? demande-t-il avec reproche. C’est odieux, cette promiscuité !
Promiscuité ! J’attendais le mot. Il s’emploie beaucoup… La « promiscuité des coulisses »…
— Dites-moi, chéri, — j’effile, entre deux doigts, les pointes de ses soyeuses moustaches d’un noir roussi, — s’il s’agissait de vos chemises et de vos caleçons, ça ne serait pas de la promiscuité ? Songez donc : je ne suis qu’une petite caf’ conc’ très raisonnable, qui vit de son métier…
Il m’étreint tout à coup et m’écrase un peu, exprès :
— Le diable l’emporte, ton métier !… Ah ! quand je t’aurai tout à fait à moi, va ! je t’en collerai, des wagons de luxe, et des fleurs plein le filet, et des robes, et des robes ! et tout ce que je trouverai de beau, et tout ce que j’inventerai !
Sa belle voix sombre ennoblit la banale promesse… J’y entends vibrer, sous les mots quelconques, le désir de mettre à mes pieds tout l’univers…
Des robes ? c’est vrai, il doit trouver sévère, et bien monotone, ma chrysalide neutre de costumes tailleur, gris, bruns, bleu sombre, que j’échange, la rampe allumée, contre les gazes peintes, les paillons lumineux, les jupes irisées, tournoyantes… Des wagons de luxe ? pourquoi faire ? ils ne vont pas plus loin que les autres…
Fossette a glissé, entre nous, son crâne de bonze, qui reluit comme du palissandre… Ma petite compagne flaire le départ. Elle a reconnu la valise aux coins écorchés et le manteau imperméable, — elle a vu la boîte anglaise émaillée de noir, la cassette à maquillage… Elle sait que je ne l’emmènerai pas, elle se plie d’avance à une vie, d’ailleurs choyée, de balades avec Blandine sur les fortifs, de soirées chez la concierge, de dîners en ville et de goûters dans le Bois… « Je sais que tu reviendras, disent ses yeux bridés, mais quand ? »
— Max, elle vous aime bien : vous vous occuperez d’elle ?
Allons bon ! rien que de nous pencher ensemble sur cette petite bête inquiète, voilà que nos pleurs débordent ! Je refoule les miens, d’un effort qui me fait mal dans la gorge et dans le nez… Que les yeux de mon ami sont beaux, agrandis par les deux larmes lumineuses qui mouillent ses cils ! Ah ! pourquoi le quitter ?
— J’irai chercher tout à l’heure, murmure-t-il étranglé, un… beau petit sac à main… que j’ai commandé pour toi… très solide… pour le voyage…
— C’est vrai, Max ?
— En… en peau de truie…
— Max, voyons ! ayez un peu plus de courage que moi !
Il se mouche d’une manière révoltée :
— Pourquoi ça ? je ne tiens pas à avoir du courage, moi ! au contraire !
— Nous sommes ridicules ! Aucun de nous deux n’aurait osé s’attendrir sur soi : Fossette a servi d’excitant à notre émotion. C’est le coup de la « petite table » de Manon, et du manchon de Poliche, vous vous souvenez ?
Maxime s’essuie les yeux, longuement, soigneusement, avec la simplicité qu’il apporte à toutes choses et qui le sauve du ridicule.
— C’est bien possible, ma Renée… D’ailleurs, si vous voulez que je me change en fontaine, vous n’avez qu’à me parler de tout ce qui vous entoure ici, dans ce petit appartement, tout ce que je ne verrai plus avant votre retour. Ce vieux divan, la bergère où tu t’assieds pour lire, et tes portraits, et le rayon de soleil qui chemine sur le tapis, de midi à deux heures…
Il sourit, très ému :
— Ne me parle pas de la pelle, du foyer, ni des pincettes, ou je m’effondre !…
Il est parti chercher le beau petit sac en peau de truie.
— Quand nous serons ensemble, m’a-t-il dit câlinement avant de sortir, tu me donneras les meubles de ce petit salon, veux-tu ? Je t’en ferai faire d’autres.
J’ai souri, pour ne pas refuser. Ces meubles-là, chez Max ? Ces épaves du mobilier conjugal, abandonnées par Taillandy en dérisoire compensation des droits d’auteur qu’il me subtilisa jadis, je ne les ai point remplacées, faute d’argent. Quel couplet de la « petite table » je pourrais chanter sur ce chêne fumé à prétentions hollandaises, sur ce vieux divan raviné par des jeux… où je n’étais pas conviée ! Mobilier hanté, où je m’éveillai souvent avec la peur folle que ma liberté ne fût un songe… Singulier cadeau de noces à un nouvel amant ! Un abri, et non un home, — c’est tout ce que je laisse derrière moi : les boîtes roulantes de seconde et première classes, et les hôtels de tout ordre, et les sordides loges des music-halls de Paris, de la province et de l’étranger, me furent plus familiers, plus tutélaires que ceci, nommé par mon ami « un joli coin intime » !
Combien de fois ai-je fui ce rez-de-chaussée, en me fuyant moi-même ! Aujourd’hui que je pars, aimée, amoureuse, je me voudrais encore plus aimée, encore plus aimante, et changée, et méconnaissable à mes propres yeux. C’est trop tôt, sans doute, et le temps n’est pas venu encore… Mais, du moins, je pars agitée, débordante de regret et d’espoir, pressée de revenir, tendue vers mon sort nouveau avec l’élan brillant du serpent qui se délivre de sa peau morte…
Le Blé en herbe de Colette raconte l’éveil sentimental et sensuel de deux adolescents, Phil et Vinca, qui passent leurs vacances ensemble au bord de la mer. Leur amitié d’enfance,...
La Maison de Claudine de Colette est un recueil de souvenirs et de tableaux de mémoire dans lequel l'autrice revient sur son enfance, sa famille et le monde rural de...
Les Vrilles de la vigne est un roman de Colette qui plonge le lecteur dans l'univers de la nature, de l'amour et des relations humaines. L'œuvre se déroule dans un...
"Claudine s’en va" de Colette est une œuvre qui explore les thématiques de l'émancipation, de la quête d'identité et du désir. L'histoire suit Claudine, une jeune femme vivant dans un...
L'œuvre "Sido" de Colette est un récit autobiographique qui explore la vie de l'auteure à travers le prisme de sa mère, Sido. Colette y évoque son enfance dans une maison...