L’air doux n’est troublé d’aucun bruit,
Il est midi, Parme est tranquille ;
Je ne rencontre dans la ville
Qu’un abbé que son ombre suit.
Sa redingote fait soutane
Et lui tombe jusqu’aux talons.
Il porte un feutre aux bords très-longs,
Culotte courte et grande canne.
Cet abbé chemine en priant,
Et, seul au milieu de la rue,
Tout noir, il fait sa tache crue
Sur le ciel tendre et souriant.
Parme, octobre 1866.
Poésies 1865-1866 de Sully Prudhomme rassemble des textes de jeunesse où se dessinent déjà les grands thèmes qui feront la singularité du poète. L’oeuvre parle d’abord de la sensibilité intérieure,...