Dès l’aube, au vallon de Tempé,
Eros jouait avec Zéphire ;
Le meilleur de ses traits — le pire ! —
De son carquois d’or est tombé ;
Ce trait en eut l’aile brisée ;
Mais plus terrible, aux fleurs pareil,
Il luit comme elles au soleil,
La pointe en l’air dans la rosée.
Ah ! nymphes, le gazon trempé
Engendre des fièvres mortelles !
Gardez-vous de danser, mes belles,
Pieds nus, au vallon de Tempé.
Florence, octobre 1866.
Poésies 1865-1866 de Sully Prudhomme rassemble des textes de jeunesse où se dessinent déjà les grands thèmes qui feront la singularité du poète. L’oeuvre parle d’abord de la sensibilité intérieure,...