Poésies 1866-1872
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L’Escalier de l’Ara Cœli

Sully Prudhomme

L’Escalier de l’Ara Cœli

On a bâti là, plus réel
Que l’échelle du patriarche,
Un escalier dont chaque marche
Est vraiment un pas vers le ciel.

Dans la nature tout entière
L’architecte prit à son gré
Pour cet édifice sacré
La plus glorieuse matière :

Il prit des marbres sans rivaux,
Fragments de ces pierres illustres
Que la pioche aveugle des rustres
Brisait pour faire de la chaux,

Et qui toutes étincelèrent
Au front des temples abattus,
Ou que les Gracques et Brutus
Au Forum de leur pied foulèrent !

Il les prit et les entassa,
Rejeton hardi de la race
Qui, regardant les dieux en face,
Roulait Pélion sur Ossa.

Et malgré les hordes très sales
De mendiants et de fiévreux
Se cherchant leur vermine entre eux
Sur ces assises colossales,

Bien qu’il s’y traîne des dévots
Dont une poupée est l’idole,
On y voit, comme au Capitole,
Monter les ombres des héros !

Rome, janvier 1867.


L’Escalier de l’Ara Cœli
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Les Écuries d’Augias
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