L’Agonie

Vous qui m’aiderez dans mon agonie,
Ne me dites rien ;
Faites que j’entende un peu d’harmonie,
Et je mourrai bien.

La musique apaise, enchante et délie
Des choses d’en bas :
Bercez ma douleur ; je vous en supplie,
Ne lui parlez pas.

Je suis las des mots, je suis las d’entendre
Ce qui peut mentir ;
J’aime mieux les sons qu’au lieu de comprendre
Je n’ai qu’à sentir ;

Une mélodie où l’âme se plonge
Et qui, sans effort,
Me fera passer du délire au songe,
Du songe à la mort.

Vous qui m’aiderez dans mon agonie,
Ne me dites rien.
Pour allégement un peu d’harmonie
Me fera grand bien.

Vous irez chercher ma pauvre nourrice
Qui mène un troupeau,
Et vous lui direz que c’est mon caprice,
Au bord du tombeau,

D’entendre chanter tout bas, de sa bouche,
Un air d’autrefois,
Simple et monotone, un doux air qui touche
Avec peu de voix.

Vous la trouverez : les gens des chaumières
Vivent très longtemps,
Et je suis d’un monde où l’on ne vit guères
Plusieurs fois vingt ans.

Vous nous laisserez tous les deux ensemble :
Nos cœurs s’uniront ;
Elle chantera d’un accent qui tremble,
La main sur mon front.

Lors elle sera peut-être la seule
Qui m’aime toujours,
Et je m’en irai dans son chant d’aïeule
Vers mes premiers jours,

Pour ne pas sentir, à ma dernière heure,
Que mon cœur se fend,
Pour ne plus penser, pour que l’homme meure
Comme est né l’enfant.

Vous qui m’aiderez dans mon agonie,
Ne me dites rien ;
Faites que j’entende un peu d’harmonie,
Et je mourrai bien.


AMOUR
L’Inspiration La Folle Envoi Les Danaïdes Conseil La Note Inquiétude Trahison Profanation Au Prodigue Les Blessures Fatalité Où vont-ils ? L’Art sauveur Sépulture
DOUTE
Piété hardie La Prière Bonne mort La Grande Ourse Cri perdu Tout ou Rien La Lutte Rouge ou Noire Chez l’Antiquaire Les Dieux Un Bonhomme Scrupule La Confession Les Deux vertiges Le Doute Tombeau
RÊVE
Repos Sieste Éther Sur l’Eau Le Vent Hora prima À Kant La Vie de loin Les Ailes Dernières Vacances Fin du Rêve
ACTION
Homo sum La Patrie Un Songe L’Axe du monde La Roue Le Fer Une Damnée L’Épée Aux Conscrits Chagrin d’Automne Dans l’Abîme En Avant Réalisme Le Monde à nu Le Rendez-vous Les Téméraires La Joie Au Désir À Auguste Brachet
LES ÉCURIES D’AUGIAS
Les Écuries d’Augias
CROQUIS ITALIENS
Parme Fra Beato Angelico Le Jour et la Nuit (San Lorenzo) Devant un groupe antique Panneau Ponte Sisto Le Colisée L’Escalier de l’Ara Cœli La Voie Appienne La Pescheria Torses antiques Les Marbres La Place Saint-Jean-de-Latran Les Transtévérines La Place Navone
LES SOLITUDES
Première Solitude Sonnet Déclin d’amour Les Stalactites Joies sans causes La Grande Allée La Valse
Le Cygne
La Voie lactée Les Serres et les Bois Ne nous plaignons pas La Terre et l’Enfant Passion malheureuse La Bouture Scrupule Prière au Printemps Un Exil La Reine du Bal La Laide Jaloux du printemps L’Une d’Elles La Pensée La Lyre et les Doigts Mars Damnation La Mer La Grande Chartreuse Effet de nuit Silence et Nuit des bois La Colombe et le Lis Le Peuple s’amuse Déception Combats intimes Couples maudits Soupir Le Dernier Adieu Les Caresses La Vieillesse L’Agonie De loin Le Missel Les Vieilles Maisons Le Volubilis Midi au village Corps et Âmes Le Réveil Le Premier deuil La Chanson des métiers Le Signe Dernière Solitude
IMPRESSIONS DE LA GUERRE
Fleurs de sang Repentir La Mare d’Auteuil Le Renouveau

Autres textes de Sully Prudhomme

Poésies 1865-1866

Ce beau printemps qui vient de naître,À peine goûté va finir ;Nul de nous n’en fera connaîtreLa grâce aux peuples à venir.Nous n’osons plus parler des roses :Quand nous les...



Les auteurs


Les catégories


Fiches de lecture

Médiawix © 2026