Poésies 1866-1872
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Dernière Solitude

Sully Prudhomme

Dernière Solitude

Dans cette mascarade immense des vivants
Nul ne parle à son gré ni ne marche à sa guise ;
Faite pour révéler, la parole déguise,
Et la face n’est plus qu’un masque aux traits savants.

Mais vient l’heure où le corps, infidèle ministre,
Ne prête plus son geste à l’âme éparse au loin,
Et, tombant tout à coup dans un repos sinistre,
Cesse d’être complice et demeure témoin.

Alors l’obscur essaim des arrière-pensées,
Qu’avait su refouler la force du vouloir,
Se lève et plane au front comme un nuage noir
Où gît le vrai motif des œuvres commencées ;

Le cœur monte au visage, où les plis anxieux
Ne se confondent plus aux lignes du sourire ;
Le regard ne peut plus faire mentir les yeux,
Et ce qu’on n’a pas dit vient aux lèvres s’écrire.

C’est l’heure des aveux. Le cadavre ingénu
Garde du souffle absent une empreinte suprême,
Et l’homme, malgré lui redevenant lui-même,
Devient un étranger pour ceux qui l’ont connu.

Le rire des plus gais se détend et s’attriste,
Les plus graves parfois prennent des traits riants ;
Chacun meurt comme il est, sincère à l’improviste :
C’est la candeur des morts qui les rend effrayants.


AMOUR
L’Inspiration La Folle Envoi Les Danaïdes Conseil La Note Inquiétude Trahison Profanation Au Prodigue Les Blessures Fatalité Où vont-ils ? L’Art sauveur Sépulture
DOUTE
Piété hardie La Prière Bonne mort La Grande Ourse Cri perdu Tout ou Rien La Lutte Rouge ou Noire Chez l’Antiquaire Les Dieux Un Bonhomme Scrupule La Confession Les Deux vertiges Le Doute Tombeau
RÊVE
Repos Sieste Éther Sur l’Eau Le Vent Hora prima À Kant La Vie de loin Les Ailes Dernières Vacances Fin du Rêve
ACTION
Homo sum La Patrie Un Songe L’Axe du monde La Roue Le Fer Une Damnée L’Épée Aux Conscrits Chagrin d’Automne Dans l’Abîme En Avant Réalisme Le Monde à nu Le Rendez-vous Les Téméraires La Joie Au Désir À Auguste Brachet
LES ÉCURIES D’AUGIAS
Les Écuries d’Augias
CROQUIS ITALIENS
Parme Fra Beato Angelico Le Jour et la Nuit (San Lorenzo) Devant un groupe antique Panneau Ponte Sisto Le Colisée L’Escalier de l’Ara Cœli La Voie Appienne La Pescheria Torses antiques Les Marbres La Place Saint-Jean-de-Latran Les Transtévérines La Place Navone
LES SOLITUDES
Première Solitude Sonnet Déclin d’amour Les Stalactites Joies sans causes La Grande Allée La Valse
Le Cygne
La Voie lactée Les Serres et les Bois Ne nous plaignons pas La Terre et l’Enfant Passion malheureuse La Bouture Scrupule Prière au Printemps Un Exil La Reine du Bal La Laide Jaloux du printemps L’Une d’Elles La Pensée La Lyre et les Doigts Mars Damnation La Mer La Grande Chartreuse Effet de nuit Silence et Nuit des bois La Colombe et le Lis Le Peuple s’amuse Déception Combats intimes Couples maudits Soupir Le Dernier Adieu Les Caresses La Vieillesse L’Agonie De loin Le Missel Les Vieilles Maisons Le Volubilis Midi au village Corps et Âmes Le Réveil Le Premier deuil La Chanson des métiers Le Signe Dernière Solitude
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