À propos de cette œuvre

Le Cœur innombrable d'Anna de Noailles est un recueil de poèmes qui explore avant tout l'élan intérieur, la sensibilité et le rapport intense entre le moi et le monde. Publié en 1901, il s'inscrit dans une poésie très lyrique où la voix poétique exprime les mouvements du coeur, les sensations, les souvenirs, les désirs et la manière dont l'être humain se laisse traverser par la nature, le temps et l'amour.

L'oeuvre parle beaucoup de la vie intérieure, de cette abondance affective qui déborde et cherche à se dire. Le titre lui-même suggère un coeur multiple, presque impossible à contenir ou à compter, comme si les émotions étaient si nombreuses qu'elles échappaient à toute mesure. Anna de Noailles y développe une poésie de la ferveur, de la plainte et de l'émerveillement, dans laquelle les sentiments ne sont jamais séparés du monde naturel. Les paysages, les saisons, la lumière, les arbres, les fleurs ou le vent deviennent les reflets des états de l'âme.

Le recueil évoque aussi la fragilité de l'existence. On y sent souvent la conscience du temps qui passe, de la beauté menacée, de la jeunesse fugitive et de la mort à venir. Mais cette méditation n'est pas seulement triste. Elle est traversée par une intensité vitale, par le désir de saisir le présent avec tout ce qu'il a de vibrant. La douleur, la nostalgie et la conscience de la finitude coexistent avec un amour profond de la vie, des sensations et de la nature.

Sommaire — 59 chapitres

1.
Le Pays

Ma France, quand on a nourri son cœur latinDu lait de votre Gaule,Quand on a pris sa vie en vous comme le thymLa fougère et le saule,Quand on a bien aimé vos forêts et vos eaux,L’odeur de vos feuillages,La couleur...

2.
L’Offrande à la nature

Nature au cœur profond sur qui les cieux reposent,Nul n’aura comme moi si chaudement aiméLa lumière des jours et la douceur des choses,L’eau luisante et la terre où la vie a germé.La forêt, les étangs et les plaines fécondesOnt plus...

3.
Le Baiser

Couples fervents et doux, ô troupe printanière !Aimez au gré des jours.— Tout, l’ombre, la chanson, le parfum, la lumièreNoue et dénoue l’amour.Épuisez, cependant que vous êtes fidèles,La chaude déraison,Vous ne garderez pas vos amours éternellesJusqu’à l’autre saison.Le vent qui...

4.
Le Verger

Dans le jardin, sucré d’œillets et d’aromates,Lorsque l’aube a mouillé le serpolet touffu,Et que les lourds frelons, suspendus aux tomates,Chancellent, de rosée et de sève pourvus,Je viendrai, sous l’azur et la brume flottante,Ivre du temps vivace et du jour retrouvé,Mon...

5.
Exaltation

Le goût de l’héroïque et du passionnelQui flotte autour des corps, des sons, des foules vives,Touche avec la brûlure et la saveur du selMon cœur tumultueux et mon âme excessive…Loin des simples travaux et des soucis amers,J’aspire hardiment la chaude...

6.
Le Jardin et la Maison

Voici l’heure où le pré, les arbres et les fleursDans l’air dolent et doux soupirent leurs odeurs.Les baies du lierre obscur où l’ombre se recueilleSentant venir le soir se couchent dans leurs feuilles,Le jet d’eau du jardin, qui monte et...

7.
Les Saisons et l’Amour

Le gazon soleilleux est pleinDe campanules violettes,Le jour las et brûlé halèteEt pend aux ailes des moulins.La nature, comme une abeilleEst lourde de miel et d’odeur,Le vent se berce dans les fleursEt tout l’été luisant sommeille.— Ô gaieté claire du...

8.
L’Empreinte

Je m’appuierai si bien et si fort à la vie,D’une si rude étreinte et d’un tel serrementQu’avant que la douceur du jour me soit ravieElle s’échauffera de mon enlacement.La mer, abondamment sur le monde étalée,Gardera dans la route errante de...

9.
Éva

Vois, la colline est bleue et déjà l’ombre agileA sur le blanc chemin répandu ses vapeurs,Les portes des maisons s’éclairent vers la ville,— Éva, sois sans orgueil, sans prudence et sans peur.Le soleil tout le jour a brûlé ta fenêtre,Tes...

10.
La Jeunesse

Tout le plaisir de vivre est tenu dans vos mainsÔ Jeunesse joyeuse, ardente, printanière,Autour de qui tournoie l’emportement humainComme une abeille autour d’une branche fruitière.Vous courez dans les champs, et le vol d’un pigeonFait plus d’ombre que vous sur l’herbe...

11.
La Mort fervente

Mourir dans la buée ardente de l’été,Quand parfumé, penchant et lourd comme une grappeLe cœur que la rumeur de l’air balance et frappeS’égrène en douloureuse et douce volupté.Mourir baignant ses mains aux fraîcheurs du feuillage,Joignant ses yeux aux yeux fleurissants...

12.
Ô Lumineux Matin

Ô lumineux matin, jeunesse des journées,Matin d’or, bourdonnant et vif comme un frelon,Qui piques chaudement la nature, étonnéeDe te revoir après un temps de nuit si long.Matin, fête de l’herbe et des bonnes rosées,Rire du vent agile, œil du jour...

13.
L’Inquiet Désir

Voici l’été encor, la chaleur, la clarté,La renaissance simple et paisible des plantes,Les matins vifs, les tièdes nuits, les journées lentes,La joie et le tourment dans l’âme rapportés.— Voici le temps de rêve et de douce folieOù le cœur, que...

14.
La Cité natale

Heureux qui dans sa ville, hôte de sa maison,Dès le matin joyeux et doré de la vieGoûte aux mêmes endroits le retour des saisonsEt voit ses matinées d’un calme soir suivies.Fidèles et naïfs comme de beaux pigeonsLa lune et le...

15.
À la Nuit

Nuits où meurent l’azur, les bruits et les contours,Où les vives clartés s’éteignent une à une,Ô nuit, urne profonde où les cendres du jourDescendent mollement et dansent à la lune.Jardin d’épais ombrage, abri des corps déments,Grand cœur en qui tout...

16.
Paroles à la Lune

La lune, dites-nous si c’est votre plaisir— Ô lune cajoleuse —Que les hommes se plient au gré de vos désirsComme la mer houleuse.Est-ce votre vouloir que ceux qui tout le jourFurent doux et tranquillesSuccombent dans le soir au péché de...

17.
La Nature et l’Homme

Nature, je reviens à vous sur toutes choses,Je vous revois, je vous reprends, je me reposeComme un promeneur las qui trouve sa maison,— Je ne veux plus aimer que vos quatre saisonsQui sont toute la joie et toute l’innocence ;Nature,...

18.
L’Innocence

Si tu veux nous ferons notre maison si belleQue nous y resterons les étés et l’hiver !Nous verrons alentour fluer l’eau qui dégèleEt les arbres jaunis y redevenir verts.Les jours harmonieux et les saisons heureusesPasseront sur le bord lumineux du...

19.
Il fera longtemps clair ce soir

Il fera longtemps clair ce soir, les jours allongent.La rumeur du jour vif se disperse et s’enfuit,Et les arbres surpris de ne pas voir la nuitDemeurent éveillés dans le soir blanc, et songent…Les marronniers, sur l’air plein d’or et de...

20.
Les Parfums

Mon cœur est un palais plein de parfums flottantsQui s’endorment parfois aux plis de ma mémoire,Et le brusque réveil de leurs bouquets latents— Sachets glissés au coin de la profonde armoire —Soulève le linceul de mes plaisirs défuntsEt délie en...

21.
La Journée heureuse

Voici que je défaille et tremble de vous voir,Bel été qui venez jouer et vous asseoirDans le jardin feuillu, sous l’arbre et la tonnelle,— Comme votre douceur sur mon âme ruisselle…Je retrouve le pré, l’étang, les noyers ronds,Les rosiers vifs...

22.
La Vie profonde

Être dans la nature ainsi qu’un arbre humain,Étendre ses désirs comme un profond feuillage,Et sentir, par la nuit paisible et par l’orage,La sève universelle affluer dans ses mains.Vivre, avoir les rayons du soleil sur la face,Boire le sel ardent des...

23.
Soir d’Été

Une tendre langueur s’étire dans l’espace ;Sens-tu monter vers toi l’odeur de l’herbe lasse ?Le vent mouillé du soir attriste le jardin ;L’eau frissonne et s’écaille aux vagues du bassinEt les choses ont l’air d’être toutes peureuses ;Une étrange saveur...

24.
Les Paysages

Les paysages froids sont des chants de Noëls.Et les jardins de mai de languides romancesQui chantent galamment les péchés vénielsEt mènent les amants à de douces clémences…Les paysages froids sont des chants de Noëls.Les bouquets de palmiers et les fleurs...

25.
Le Cœur

Mon cœur tendu de lierre odorant et de treilleVous êtes un jardin où les quatre saisonsTenant du buis nouveau, des grappes de groseillesEt des pommes de pin, dansent sur le gazon…— Sous les poiriers noueux couverts de feuilles vivesVous êtes...

26.
L’Amoureux Été

J’ai ce désir qu’à l’heure ardente de ce moisLe bois frais et touffu se serre autour de moiEt n’emplisse les mains de sucs et de verdure ;— Ah ! sentir sur son cœur s’abattre la nature !Boire le miel léger...

27.
L’Automne

Voici venu le froid radieux de septembre :Le vent voudrait entrer et jouer dans les chambres ;Mais la maison a l’air sévère, ce matin,Et le laisse dehors qui sanglote au jardin.Comme toutes les voix de l’été se sont tues !Pourquoi...

28.
L’Hiver

C’est l’hiver sans parfum ni chants…Dans le pré, des brins de verdurePercent de leurs jets fléchissantLa neige étincelante et dure…Quelques buissons gardent encorDes feuilles jaunes et cassantesQue le vent âpre et rude mordComme font les chèvres grimpantes.Et les arbres silencieuxQue...

29.
La Vie rustique

Allez, que la douceur habite vos maisons.Soyez dans la bonté des jours qui vont renaîtreBiches comme un village au retour des moissonsJoyeux comme les pots de fleurs sur la fenêtre.Que l’épouse au front clair qui pour vous délia,Sa ceinture de...

30.
Offrande à Pan

Cette tasse de bois, noire comme un pépin,Où j’ai su, d’une lame insinuante et dureSculpter habilement la feuille du raisinAvec son pli, ses nœuds, sa vrille et sa frisure,Je la consacre à Pan, en souvenir du jourOù le berger Damis...

31.
L’Image

Pauvre faune qui va mourirReflète-moi dans tes prunellesEt fais danser mon souvenirEntre les ombres éternelles.Va, et dis à ces morts pensifsÀ qui mes jeux auraient su plaireQue je rêve d’eux sous les ifsOù je passe petite et claire.Tu leur diras...

32.
L’Amour

Amour, qui dès l’aube du tempsFlottais sur la terre et les eaux :Toi qui, dans l’arbre et dans l’étang,Meus les poissons et les oiseaux.Toi qui dans la forêt mouvanteTroubles la sève sous l’écorce,Et joins, aux heures violentes,La soumission et la...

33.
L’Appel

Priape, dieu clément qui fleuris les vergers,Je te consacre, afin que tu veuilles m’entendre,Des bouquets de persil, des feuilles d’orangersEt la première cosse où gonflent les pois tendres…Toi qui ris aux amants dans le fond des jardins,Mènes vers moi Daphnis,...

34.
Offrande à Kypris

Clarté du temps, Kypris au sourire innombrableJe t’offre, afin qu’aux bras du berger, aujourd’hui,Je demeure joyeuse, ardente et désirable,Ma lampe, confidente aimable de la nuit.— Vois, je t’apporte aussi ces herbes odorantes ;La sauge humide où boit l’abeille dans l’été,Et...

35.
Rhodocleia

Rhodocleia, penchée aux buissons du chemin,Emplissait de feuillage et de haies sa corbeille,Quand le berger Hylas lui a mordu la mainD’un baiser plus cuisant que le dard de l’abeille.Elle a senti glisser jusqu’au fond de son cœurL’aiguillon et le miel...

36.
Hébé

Ô fille de Junon, Jeunesse aux pieds légersQui verses le nectar savoureux dans les coupes,Toi qui descends du ciel vers les humbles bergersEt joins les bras tremblants des amants que tu groupes,Déesse aux yeux rieurs comme l’aube d’avrilCompagne de l’aurore...

37.
L’Enfant Éros

Enfant Érôs qui joues à l’ombre des surgeonsEt bois aux sources claires,Toi qui nourris ainsi qu’un couple de pigeonsL’amour et la colère,Passe sans t’arrêter au seuil de ma maison,N’entre pas cette année :Mon âme des amours qu’elle eut l’autre saisonEst...

38.
Les Nymphes

Lorsque j’aurai cessé dans la vie infidèleDe respirer le jour, les feuilles et les eaux,Je laisserai mon ombre aux nymphes immortelles,À Rhodope, à Mélite, à la tendre Praxô.Elles viendront, les trois joueuses de théorbe,Se suspendre à mes mains comme du...

39.
Bittô

Le bourdonnant été, doré comme du miel,Parfumé de citrons, de résine et de menthe,Balance au vent sucré son rêve sensuelEt baigne son visage au clair de l’eau dormante.Les pesants papillons ont alangui les fleurs,Le cylise odorant et la belle mélisseInfusent...

40.
La Conscience

Incorruptible azur, déesse lumineuse,Puisque vous avez bien voulu me visiterJe remettrai mon cœur entre vos mains soigneusesPour que vous le guidiez, par les nuits ténébreusesAu chemin de l’exacte et claire vérité.Avant que vous vinssiez, ma grande camarade,Ma vie était encore,...

41.
Voix Intérieure

Mon âme, quels ennuis vous donnent de l’humeur ?Le vivre vous chagrine et le mourir vous fâche.Pourtant, vous n’aurez point au monde d’autre tâcheQue d’être objet qui vit, qui jouit et qui meurt.Mon âme, aimez la vie, auguste, âpre ou...

42.
L’Orgueil

Bel orgueil qui logez au sein des âmes hautesEt qui soufflez ainsi que le vent dans les tours,Afin qu’aujourd’hui soit sans détresse et sans fautesBandez mon cœur penchant contre l’ombre et l’amour.Faites que mon cœur soit héroïque et vivaceEt porte...

43.
À soi-même

Mon cœur, plein de douceur et plein d’étonnement,Cessez de vous mêler à la foule des hommes,Leurs cris passent vos sens et votre entendement ;Demeurons l’être simple et tendre que nous sommes…Craignez les jeux cruels qu’on mène en leurs maisons,Ils vous...

44.
Les Rêves

Le visage de ceux qu’on n’aime pas encorApparaît quelquefois aux fenêtres des rêves,Et va s’illuminant sur de pâles décorsDans un argentement de lune qui se lève.Il flotte du divin aux grâces de leur corps,Leur regard est intense et leur bouche...

45.
Le Repos

Le plaisir mystique et païen,L’amour, la beauté, le désirOnt plus fait de mal que de bienÀ mon âme qui s’en revientLasse d’aimer et de souffrir.Allez, mon âme inassouvie,Dormir dans l’ombre le grand somme,Ayant rêvé, par triste envie,La joie au delà...

46.
Les Animaux

Dieux gardiens des troupeaux qui tenez des houlettesRendez-nous l’innocence ancestrale des bêtes ;Afin que nous ayons l’endurance des maux,Donnez-nous la douceur des sobres animaux.— Faîtes que nous ayons dans nos peines insignesL’isolement muet et le dédain des cygnes ;Donnez-nous pour...

47.
La Mort dit à l’Homme

Voici que vous avez assez souffert, pauvre homme,Assez connu l’amour, le désir, le dégoût,L’âpreté du vouloir et la torpeur des sommes,L’orgueil d’être vivant et de pleurer debout…Que voulez-vous savoir qui soit plus délectableQue la douceur des jours que vous avez...

48.
L’Ardeur

Rire ou pleurer, mais que le cœurSoit plein de parfums comme un vase,Et contienne jusqu’à l’extaseLa force vive ou la langueur.Avoir la douleur ou la joie,Pourvu que le cœur soit profondComme un arbre où des ailes fontTrembler le feuillage qui...

49.
La Tristesse dans le Parc

Entrons dans l’herbe fleurissanteOù le soleil fait des cheminsQue caressent comme des mainsLes ombres des feuilles dansantes.Respirons les molles odeursQui se soulèvent des calices,Et goûtons les tristes délicesDe la langueur et de l’ardeur.Que nos deux âmes balancéesSe donnent leurs parfums...

50.
Chanson pour Avril

Toute la nuit la pluie légèreA glissé par jets et par bonds :Viens respirer au bois profondL’odeur de la verdure amère.Ton cœur est tiède, morne et lasComme la naissante journée,Elle sera sitôt fanéeL’amoureuse odeur des lilas,Aujourd’hui l’âme apitoyéeSent pleurer son...

51.
Plainte

Mets les mains sur mon front où tout l’humain orageLutte comme un oiseau,Et perpétue ainsi qu’au creux des coquillagesLe tumulte des eaux.Ferme mes yeux afin qu’ils soient clos et tranquillesComme au fond du sommeil,Et qu’ils ne sachent plus quand passent...

52.
La Chaude Chanson

La guitare amoureuse et l’ardente chansonPleurent de volupté, de langueur et de forceSous l’arbre où le soleil dore l’herbe et l’écorce,Et devant le mur bas et chaud de la maison.Semblables à des fleurs qui tremblent sur leur tige,Les désirs ondoyants...

53.
Dissuasion

Fermez discrètement les vitres sur la rueEt laissez retomber les rideaux alentour,Pour que le grondement de la ville bourrueNe vienne pas heurter notre fragile amour.Notre tendresse n’est ni vive ni fatale.Nous aurions très bien pu ne nous choisir jamais :Je...

54.
Chanson du Temps opportun

Le Temps, de ses pipeaux, tire de clairs accords,Bondissez au soleil, les âmes et les corps,Par les chemins poudreux et la verdure épaisseÉpuisez les plaisirs, c’est la seule sagesse :Prenez-vous, quittez-vous, cherchez-vous tour à tour,Il n’est rien de réel que...

55.
Fraternité

La chaleur attendrit l’eau dormante et l’air bleu.L’été vert, tout feuillu, tout fleuri, tout mielleux,Crépite sur le bord des routes soleilleuses.La vie afflue et joue au sein de l’herbe heureuseOù la grasse journée embaume et se répand ;Le désir est...

56.
La Justice

Voici notre désir ardent : qu’on nous envoie,À nous qui connaissons tout le tourment humain,Ceux que la vie exacte et soigneuse rudoieQuand ils ont satisfait leurs plaisirs et leurs mains.Nous avons la ferveur et la bonne science,Qu’on nous donne tous...

57.
Les Malheureux

Comme un troupeau de bœufs qui rentre dans l’étableLes pauvres gens, allez vers la tranquille mort,Elle seule vous est clémente et favorableEt vous accordera, sans peine et sans effort.La maison, le repos, le plaisir et la table.Blessés de la chaleur...

58.
La Terre

Vous en qui le sommeil du monde est enfermé.Terre de bon repos et de longues délices.Dont le cœur ténébreux et rude est parfuméPar les cèdres profonds et la douce réglisse,Vous êtes l’urne auguste ou les temps sont groupés,La Nature sur...

59.
Le Temps de vivre

Déjà la vie ardente incline vers le soir,Respire ta jeunesse,Le temps est court qui va de la vigne au pressoir,De l’aube au jour qui baisse,Garde ton âme ouverte aux parfums d’alentour,Aux mouvements de l’onde,Aime l’effort, l’espoir, l’orgueil, aime l’amour,C’est la...

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