"Sans famille" est un roman d'Hector Malot publié en 1878, qui raconte l'histoire d'un jeune orphelin nommé Rémi. Abandonné par sa mère à la naissance et élevé par un fermier nommé Materne, Rémi découvre un jour qu'il est en réalité un enfant trouvé et qu'il a été vendu à Materne. Lorsque ce dernier doit se séparer de lui pour des raisons financières, il est vendu à un musicien ambulant, Monsieur Vitalis. Ce dernier devient une figure paternelle pour Rémi et l'emmène avec lui dans ses voyages à travers la France, vivant de spectacles de rue avec des animaux et chantant des chansons.
Au fil de ses aventures, Rémi rencontre un éventail de personnages, certains bienveillants, d'autres cruels, et il fait face à de nombreuses épreuves qui l'éloignent de son rêve de retrouver sa famille. Le roman met en lumière les thèmes de l'amour, de l'amitié, de la solidarité, mais aussi de la solitude et de l'abandon. Vitalis joue un rôle crucial en apprenant à Rémi les valeurs de la vie, tandis que les animaux, comme le chien Capi, ajoutent une dimension de loyauté et de simplicité à son parcours.
L'histoire prend un tournant lorsque Vitalis meurt subitement, laissant Rémi livré à lui-même. Le jeune garçon doit alors apprendre à survivre dans un monde parfois hostile, rencontrant des mésaventures qui l'amènent à se questionner sur ses origines et à partir à la recherche de sa vraie famille. Au gré de ses rencontres, il découvre l'existence de sa mère, mais également les épreuves que celle-ci a traversées. Tout au long de son périple, Rémi fait preuve de courage et de détermination, cherchant à comprendre qui il est vraiment et à trouver un sens à sa vie.
Le roman aborde la question de l'identité et de l'appartenance, alors que Rémi navigue entre les joies et les peines, confronté à un monde parfois impitoyable. Les thématiques de l'injustice sociale et des inégalités de classe sont également présentes, révélant un portrait poignant de la société de l'époque. Les aventures de Rémi sont enrichies d'une grande diversité d'émotions, mêlant tristesse, espoir et moments de bonheur. L'œuvre souligne l'importance des liens tissés entre les êtres, qu'ils soient familiaux ou amicaux, ainsi que la force de l'amour qui transcende les épreuves.
Je suis un enfant trouvé.Mais jusqu’à huit ans j’ai cru que, comme tous les autres enfants, j’avais une mère, car lorsque je pleurais, il y avait une femme qui me serrait si doucement dans ses bras, en me berçant, que...
Je m’étais approché pour l’embrasser à mon tour, mais du bout de son bâton il m’arrêta :— Qu’est-ce que c’est que celui-là ?— C’est Rémi.— Tu m’avais dit…— Eh bien oui, mais… ce n’était pas vrai, parce que…— Ah !...
Sans doute je dormis toute la nuit sous l’impression du chagrin et de la crainte, car le lendemain matin en m’éveillant, mon premier mouvement fut de tâter mon lit et de regarder autour de moi, pour être certain qu’on ne...
— Eh bien ! demanda mère Barberin quand nous rentrâmes, qu’a dit le maire ?— Nous ne l’avons pas vu.— Comment, vous ne l’avez pas vu ?— Non, j’ai rencontré des amis au café Notre-Dame, et quand nous sommes sortis,...
Pour acheter les enfants quarante francs, il n’en résulte pas nécessairement qu’on est un ogre et qu’on fait provision de chair fraîche afin de la manger.Vitalis ne voulait pas me manger, et, par une exception rare chez les acheteurs d’enfants,...
Le lendemain nous nous mîmes en route de bonne heure.Plus de pluie ; un ciel bleu, et, grâce au vent sec qui avait soufflé pendant la nuit, peu de boue. Les oiseaux chantaient joyeusement dans les buissons du chemin et...
C’étaient assurément des comédiens du plus grand talent, que ceux qui composaient la troupe du signor Vitalis, — je parle des chiens et du singe, — mais ce talent n’était pas très-varié.Lorsqu’ils avaient donné trois ou quatre représentations, on connaissait...
Nous avions parcouru une partie du midi de la France : l’Auvergne, le Velay, le Vivarais, le Quercy, le Rouergue, les Cévennes, le Languedoc.Notre façon de voyager était des plus simples ; nous allions droit devant nous, au hasard, et...
En quittant le sol desséché des causses et des garrigues, je me trouve, par le souvenir, dans une vallée toujours fraîche et verte, celle de la Dordogne, que nous descendons à petites journées, car la richesse du pays fait celle...
De Pau il m’est resté un souvenir agréable : dans cette ville le vent ne souffle presque jamais.Et, comme nous y restâmes pendant l’hiver, passant nos journées dans les rues, sur les places publiques et sur les promenades, on comprend...
Quand je rentrai à l’auberge, le cœur gros, les yeux rouges, je trouvai sous la porte de la cour l’aubergiste qui me regarda longuement.J’allais passer pour rejoindre les chiens, quand il m’arrêta.— Eh bien ? me dit-il, ton maître ?—...
La mère d’Arthur était Anglaise, elle se nommait madame Milligan ; elle était veuve et Arthur était son seul enfant, — au moins son seul enfant vivant, car elle avait eu un fils aîné, qui avait disparu dans des conditions...
Le temps avait passé vite pendant ce voyage, et le moment approchait où mon maître allait sortir de prison.À mesure que nous nous éloignions de Toulouse, cette pensée m’avait de plus en plus vivement tourmenté.C’était charmant de s’en aller ainsi...
Il fallut de nouveau emboîter le pas derrière mon maître et, la bretelle de ma harpe tendue sur mon épaule endolorie, cheminer le long des grandes routes, par la pluie comme par le soleil, par la poussière comme par la...
Les pronostics du jour levant s’étaient réalisés ; le soleil brillait dans un ciel sans nuages et ses pâles rayons étaient réfléchis par la neige immaculée ; la forêt triste et livide la veille était maintenant éblouissante d’un éclat qui...
Nous étions encore bien éloignés de Paris.Il fallut nous mettre en route par les chemins couverts de neige et marcher du matin au soir, contre le vent du nord qui nous soufflait au visage.Comme elles furent tristes ces longues étapes...
Bien que tout ce qui nous entourait me parût horrible, j’ouvris les yeux et j’oubliai presque la gravité de ma situation pour regarder autour de moi.Plus nous avancions dans Paris, moins ce que j’apercevais répondait à mes rêveries enfantines et...
Tant que nous fûmes dans la rue où il y avait du monde, Vitalis marcha sans rien dire, mais bientôt nous nous trouvâmes dans une ruelle déserte ; alors il s’assit sur une borne et passa à plusieurs reprises sa...
Quand je me réveillai j’étais dans un lit ; la flamme d’un grand feu éclairait la chambre où j’étais couché.Je regardai autour de moi.Je ne connaissais pas cette chambre.Je ne connaissais pas non plus les figures qui m’entouraient : un...
On devait enterrer mon maître le lendemain, et le père m’avait promis de me conduire à l’enterrement.Mais le lendemain je ne pus me lever, car je fus pris dans la nuit d’une grande fièvre qui débuta par un frisson suivi...
Il y avait des jours où me trouvant seul et réfléchissant, je me disais :— Tu es trop heureux mon garçon, ça ne durera pas.Comment me viendrait le malheur, je ne le prévoyais pas, mais j’étais à peu près certain...
En avant !Le monde était ouvert devant moi, et je pouvais tourner mes pas du côté du nord ou du sud, de l’ouest ou de l’est, selon mon caprice.Bien que n’étant qu’un enfant, j’étais mon maître.Hélas ! c’était là ce...
La route est longue de Montargis à Varses, qui se trouve au milieu des Cévennes, sur le versant de la montagne incliné vers la Méditerranée : cinq ou six cents kilomètres en ligne droite ; plus de mille pour nous...
Le métier de mineur n’est point insalubre, et à part quelques maladies causées par la privation de l’air et de la lumière, qui à la longue appauvrit le sang, le mineur est aussi bien portant que le paysan qui habite...
Le lendemain matin, nous nous retrouvâmes dans la mine.— Eh bien ! dit l’oncle Gaspard, as-tu été content du garçon, magister ?— Mais oui, il a des oreilles, et j’espère que bientôt il aura des yeux.— En attendant, qu’il ait...
Le silence s’était fait dans la mine ; aucun bruit ne parvenait plus jusqu’à nous ; à nos pieds l’eau était immobile, sans une ride ou un murmure ; la mine était pleine comme l’avait dit le magister, et l’eau,...
Notre position était devenue insupportable sur notre palier trop étroit ; il fut décidé qu’on élargirait ce palier, et chacun se mit à la besogne. À coups de couteau on recommença à fouiller dans le charbon et à faire descendre...
Je m’étais fait des amis dans la mine : de pareilles angoisses supportées en commun unissent les cœurs ; on souffre, on espère ensemble, on ne fait qu’un.L’oncle Gaspard ainsi que le magister particulièrement m’avaient pris en grande affection ;...
J’aimais bien Mattia quand nous arrivâmes à Mende ; mais quand nous sortîmes de cette ville, je l’aimais encore plus. Est-il rien de meilleur, rien de plus doux pour l’amitié que de sentir avec certitude que l’on est aimé de...
Notre nuit sur le lit de camp ne fut pas mauvaise, nous en avions passé de moins agréables à la belle étoile.— J’ai rêvé de l’entrée de la vache, me dit Mattia.— Et moi aussi.À huit heures du matin notre...
Je dormis peu cette nuit-là ; et cependant combien de fois, en ces derniers temps, m’étais-je fait fête de coucher dans mon lit d’enfant où j’avais passé tant de bonnes nuits, autrefois, sans m’éveiller, blotti dans mon coin, les couvertures...
Si je n’avais pas eu hâte d’arriver à Paris, je serais resté longtemps, très-longtemps avec Lise ; nous avions tant de choses à nous dire, et nous pouvions nous en dire si peu avec le langage que nous employions.Lise avait...
Le lendemain matin, je commençai ma journée par écrire à mère Barberin pour lui faire part de ce que j’avais appris, et ce ne fut pas pour moi un petit travail.Comment lui dire tout sèchement que son mari était mort...
Le clerc qui devait me conduire chez mes parents était un vieux petit bonhomme ratatiné, parcheminé, ridé, vêtu d’un habit noir râpé et lustré, cravaté de blanc ; lorsque nous fûmes dehors il se frotta les mains frénétiquement en faisant...
Mon père en se retirant, nous avait laissé la chandelle, mais il avait fermé en dehors la porte de notre voiture : nous n’avions donc qu’à nous coucher ; ce que nous fîmes au plus vite, sans bavarder comme nous...
Ce fut seulement à la nuit tombante que nous rentrâmes cour du Lion-Rouge : nous passâmes toute notre journée à nous promener dans ce beau parc, en causant, après avoir déjeuné d’un morceau de pain que nous achetâmes.Mon père était...
À toutes mes avances, mes frères Allen et Ned n’avaient jamais répondu que par une antipathie hargneuse, et tout ce que j’avais voulu faire pour eux, ils l’avaient mal accueilli : évidemment je n’étais pas un frère à leurs yeux.Après...
Si j’avais été à la place de Mattia, j’aurais peut-être eu autant d’imagination que lui, mais dans ma position les libertés de pensée qu’il se permettait m’étaient interdites.C’était de mon père qu’il s’agissait.Pour Mattia, c’était de master Driscoll, comme il...
Nous ne parlions plus que d’Arthur, de madame Milligan et de M. James Milligan.Où étaient Arthur et sa mère ? Où pourrions-nous bien les chercher, les retrouver ?Les visites de M. J. Milligan nous avaient inspiré une idée et suggéré...
M. James Milligan ne parut pas cour du Lion-Rouge, ou tout au moins, malgré notre surveillance, nous ne le vîmes point.Après les fêtes de Noël, il fallut sortir dans la journée, et nos chances diminuèrent ; nous n’avions guère plus...
Ce ne fut que longtemps après que je fus réintégré dans ma prison que je trouvai une raison pour m’expliquer comment je n’avais pas été acquitté : le juge voulait attendre l’arrestation de ceux qui étaient entrés dans l’église, pour...
Après le départ du frère de Bob, le navire resta silencieux pendant quelque temps, et nous n’entendîmes que le bruit du vent dans la mâture et le clapotement de l’eau contre la carène ; mais peu à peu il s’anima...
Comme je restais interdit, Mattia fit ce que je ne pensais pas à faire.— Nous vous remercions bien, madame, dit-il.Et me poussant doucement, il me mit hors la cuisine.— En route, me dit-il, en avant ! Ce n’est plus seulement...
Les années se sont écoulées, — nombreuses, mais courtes, car elles n’ont été remplies que de belles et douces journées.J’habite en ce moment l’Angleterre, Milligan-Park, le manoir de mes pères.L’enfant sans famille, sans soutien, abandonné et perdu dans la vie,...