Deux hommes sont montés sur la haute falaise ;
Ils ont fermé les yeux pour écouter la mer :
« J’entends le paradis pousser des clameurs d’aise.
Et moi j’entends gémir les foules de l’enfer. »
Alors, épouvantés des songes de l’ouïe,
Ils ont rouvert les yeux sous le même soleil.
L’Océan sait parler, selon l’âme et la vie,
Aux hommes différents avec un bruit pareil.
Poésies 1866-1872 de Sully Prudhomme est un recueil qui rassemble des textes écrits au début de sa carrière, à un moment où sa poésie cherche encore sa voie entre le...