Si j’étais Dieu, la mort serait sans proie,
Les hommes seraient bons, j’abolirais l’adieu,
Et nous ne verserions que des larmes de joie,
Si j’étais Dieu.
Si j’étais Dieu, de beaux fruits sans écorces
Mûriraient ; le travail ne serait plus qu’un jeu,
Car nous n’agirions plus que pour sentir nos forces,
Si j’étais Dieu.
Si j’étais Dieu, pour toi, celle que j’aime,
Je déploierais un ciel toujours frais, toujours bleu,
Mais je te laisserais, ô mon ange, la même,
Si j’étais Dieu.
Poésies 1866-1872 de Sully Prudhomme est un recueil qui rassemble des textes écrits au début de sa carrière, à un moment où sa poésie cherche encore sa voie entre le...