Le roi Venceslas est le souverain de Pologne au début de l'œuvre. Il apparaît d'abord comme une figure de pouvoir légitime, entourée de ses officiers et de ses fils, et il reçoit Père Ubu avec confiance en le récompensant pour ses services. Sa présence structure l'ouverture de l'intrigue, car il incarne l'ordre politique que le complot d'Ubu va renverser.
Venceslas n'est pas le héros de l'action, mais il en est une pièce centrale, car sa mort déclenche l'ascension de Père Ubu et l'ensemble des violences qui suivent. Il joue surtout le rôle d'opposant involontaire : son autorité, sa position royale et sa confiance dans Ubu rendent la trahison possible et d'autant plus scandaleuse.
Sa disparition marque un basculement majeur dans l'œuvre. Tant qu'il est vivant, l'ordre du royaume tient encore; une fois assassiné, la Pologne entre dans une série de désastres politiques, militaires et moraux. Le roi Venceslas fonctionne ainsi comme l'un des points de départ de la satire et de la catastrophe.
Avec Père Ubu, Venceslas entretient au départ une relation de confiance hiérarchique : il le nomme comte de Sandomir et parle de lui comme d'un « fort bon gentilhomme ». Cette bienveillance contraste violemment avec la trahison ultérieure, puisque Père Ubu participe à son assassinat au moment de la revue.
Venceslas est aussi entouré de sa famille, notamment la reine Rosemonde et ses fils Boleslas, Ladislas et Bougrelas. La reine tente de le mettre en garde contre le danger, mais il refuse de l'écouter. Son lien avec Bougrelas devient tragique après sa mort, car celle-ci laisse son fils dans une position de victime et de justicier futur.
Le roi Venceslas apparaît comme confiant, voire trop confiant. Il remercie Père Ubu, lui accorde des faveurs, et semble croire à la loyauté de ses serviteurs. Cette confiance le rend vulnérable, car il ne perçoit pas la menace qui se construit autour de lui.
Il est aussi présenté comme un roi paisible et familier, presque banal dans certaines de ses répliques. Le texte ne lui donne ni grand monologue ni profondeur intérieure développée : il incarne moins une psychologie complexe qu'une dignité royale exposée à la trahison. Sa principale faiblesse est donc son aveuglement politique.
Venceslas évolue peu, mais son destin change radicalement : d'un roi vivant, réceptif et confiant, il devient une victime du complot. Cette transformation est brutale et rapide, conformément à la logique théâtrale de l'œuvre, où le personnage sert surtout à faire basculer l'action plutôt qu'à se développer progressivement.
Le roi Venceslas symbolise la fragilité du pouvoir légitime face à la brutalité opportuniste. Par sa confiance excessive et sa mort soudaine, il met en lumière la violence du monde politique représenté dans l'œuvre, où les titres, les honneurs et les fidélités ne résistent pas à l'appétit de pouvoir. Il révèle aussi la dimension satirique du texte : le roi n'est pas idéalisé, mais pris dans un univers où l'autorité est facilement renversée par la cupidité, la lâcheté et la force.
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