Duncan est le roi d'Écosse dans l'œuvre. Il apparaît d'abord dans un camp près de Fores, au moment où il reçoit le récit de la guerre contre les rebelles et les Norwégiens, puis il revient au centre de l'action lorsqu'il se rend au château de Macbeth à Inverness. Son statut est celui d'un souverain légitime, généreux et honoré, dont la présence donne à la pièce son enjeu politique et moral principal.
Duncan n'est pas le protagoniste, mais il est une figure centrale de l'intrigue, car toute l'action tragique se développe autour de sa personne, de son pouvoir et de sa mort. Il représente l'autorité légitime que Macbeth va renverser, et son assassinat marque le basculement décisif de la pièce dans la tyrannie, le soupçon et la violence.
Son rôle narratif est donc déterminant : il sert de point de départ à la chute de Macbeth et à la désorganisation du royaume. Tant qu'il vit, l'ordre politique est encore intact; après sa mort, les mensonges, les usurpations et les meurtres se multiplient. Duncan est ainsi moins un personnage d'action qu'un centre de gravité tragique autour duquel se construit tout le drame.
Avec Macbeth, Duncan entretient d'abord une relation de confiance et de faveur. Il le récompense pour ses exploits, le salue comme un parent digne d'éloges, puis lui accorde le titre de thane de Cawdor. Il l'accueille ensuite avec chaleur à Inverness, lui témoigne de l'affection et projette même de séjourner chez lui, ce qui rend la trahison d'autant plus grave.
Avec Banquo, Duncan partage également un rapport d'estime et de reconnaissance. Il l'honore publiquement, l'embrasse, et lui manifeste sa confiance. Avec Malcolm et Donalbain, il apparaît comme un père et un roi; il annonce à Malcolm la transmission de la couronne en le nommant prince de Cumberland. Enfin, face à Macduff, Lenox, Rosse et sa suite, Duncan incarne l'ordre que ces personnages servent et protègent, même s'ils ne peuvent empêcher sa chute.
Duncan se distingue par sa bonté, sa noblesse et sa capacité à récompenser le mérite. Les personnages soulignent sa justice, sa douceur et sa gratitude. Il remercie, félicite, embrasse, accueille; il se montre moins soucieux de domination que de reconnaissance envers ses fidèles serviteurs.
Il apparaît aussi comme un souverain confiant, peut-être trop confiant, car il ne perçoit pas le danger qui l'entoure. Sa confiance en Macbeth et son entrée dans le château de ce dernier le rendent vulnérable. Cependant, le texte insiste moins sur une faiblesse morale que sur une innocence tragique : Duncan n'est pas naïf au sens simple, il est plutôt un roi vertueux dans un monde où la vertu est exposée à la perfidie.
Duncan évolue peu, car il meurt très tôt dans la pièce. Son parcours est donc celui d'une présence brève mais décisive : d'abord roi victorieux et reconnaissant, il devient victime du meurtre sacrilège qui inaugure la catastrophe. Sa stabilité morale contraste avec la corruption progressive de Macbeth; cette fixité fait de lui une figure d'ordre, appelée à disparaître pour révéler la violence du monde tragique.
Duncan symbolise la royauté légitime, la générosité du pouvoir juste et l'ordre politique conforme à la nature. Sa mort ne relève pas seulement d'un crime individuel : elle prend une dimension sacrée, puisque le texte parle d'un meurtre sacrilège et d'un temple profané. À travers lui, l'œuvre oppose la douceur de l'autorité légitime à la logique de l'ambition meurtrière, et montre combien un monde politique fondé sur la confiance peut être détruit par l'hypocrisie et la soif de pouvoir.
Personnages qui partagent des traits de caractère avec Duncan, à travers d'autres œuvres.