Malcolm est le fils aîné du roi Duncan. Il apparaît dès le début de l'œuvre parmi la suite royale, puis revient tout au long de la pièce comme héritier légitime du trône d'Écosse. Présenté comme un personnage princier, il incarne d'abord la continuité de l'ordre monarchique, puis devient progressivement une figure centrale de la restauration politique.
Malcolm n'est ni le protagoniste principal du drame au sens strict, ni un simple personnage secondaire : il est un adjuvant décisif de l'action, et surtout le garant de la légitimité face à Macbeth. Sa place grandit à mesure que Macbeth s'enfonce dans la tyrannie. D'abord témoin et héritier menacé, il devient l'un des moteurs de la résistance, notamment lorsqu'il rejoint Macduff et prépare la reconquête de l'Écosse.
Son importance narrative est considérable parce qu'il structure l'opposition politique de la pièce. Après la mort de Duncan, il s'éloigne avec Donalbain, puis reparaît en Angleterre auprès du roi Édouard. Plus tard, il revient à la tête de l'armée qui marche contre Macbeth. Le dénouement lui confie la victoire finale et la restauration de l'ordre, ce qui fait de lui la figure par laquelle la pièce se referme sur le rétablissement de la monarchie légitime.
La relation la plus évidente est celle qui l'unit à son père, Duncan : Malcolm est son fils et son héritier, ce qui lui donne un statut politique immédiat. Il est également en lien étroit avec Macduff, d'abord dans la méfiance puis dans la confiance, après l'épreuve où Malcolm met à l'essai l'honneur de son interlocuteur. Cette alliance devient essentielle, car c'est avec Macduff qu'il prépare le retour en Écosse et la chute de Macbeth.
Avec Macbeth, Malcolm est un adversaire politique direct, même s'il ne s'affronte pas à lui dès le début. Macbeth le désigne comme obstacle à sa montée vers le pouvoir, tandis que Malcolm représente la menace légitime contre l'usurpation. Ses liens avec Donalbain sont marqués par la solidarité fraternelle au moment du crime de Duncan, puis par une séparation prudente : chacun s'éloigne pour sa sécurité. Enfin, sa relation avec le roi Édouard d'Angleterre et Siward montre qu'il sait s'appuyer sur des alliés extérieurs pour reconquérir son royaume.
Malcolm se distingue par la prudence, la lucidité et une forme de retenue. Il n'agit pas à la légère : face à Macduff, il éprouve son interlocuteur avant de lui confier sa véritable identité morale. Cette prudence n'est pas simple réserve, mais intelligence politique. Il comprend que le pouvoir attire les pièges et que la confiance doit être éprouvée. Dans ses paroles, il montre aussi un sens affirmé de la justice et du bien public, puisqu'il parle de délivrer l'Écosse des souffrances causées par le tyran.
Le texte lui prête toutefois une dimension contrastée : il sait se présenter sous un jour de défiance, presque en se peignant lui-même comme indigne, afin de tester Macduff. Cette stratégie révèle moins une duplicité qu'une maîtrise de soi. Contrairement à Macbeth, il ne se laisse pas emporter par l'imagination du crime ni par l'ambition aveugle. Sa parole est mesurée, et ses motivations paraissent orientées vers le salut du royaume plutôt que vers un désir personnel de grandeur.
Malcolm évolue d'un statut d'héritier exposé à celui de roi restaurateur. Au départ, il est surtout le fils de Duncan, menacé comme son frère Donalbain par les suites du meurtre. Ensuite, son exil lui permet de se former dans la distance et de préparer l'action juste. Son passage par l'épreuve avec Macduff marque un moment crucial : il passe de la simple légitimité dynastique à une légitimité morale confirmée par la confiance d'un allié loyal. À la fin, il devient roi d'Écosse, preuve que la pièce l'a conduit vers l'accomplissement de sa fonction.
Sa stabilité est aussi importante que son évolution. Il ne subit pas une crise intérieure comparable à celle de Macbeth ; il reste relativement constant dans sa droiture et sa prudence. Cette continuité le rend symboliquement apte à rétablir un ordre que l'usurpation avait détruit.
Malcolm symbolise la légitimité, la restauration et la continuité politique. Face à Macbeth, qui incarne l'ambition criminelle et le dérèglement du pouvoir, il représente une royauté rétablie dans son principe d'ordre. Le texte lui attribue aussi une fonction de réconciliation nationale, puisqu'il rassemble autour de lui les forces dispersées et prépare le retour d'un gouvernement juste. Il est ainsi la réponse de la pièce à la crise du meurtre et de la tyrannie.
Il révèle aussi l'une des grandes idées de l'œuvre : le pouvoir ne vaut que s'il est lié à la justice, à la mesure et au bien commun. Par contraste avec Macbeth, Malcolm montre qu'un roi doit être éprouvé, reconnu, et non arraché par la violence. À travers lui, la pièce propose une vision politique où la légitimité n'est pas seulement héréditaire, mais confirmée par l'action, la prudence et le service du pays.
Personnages qui partagent des traits de caractère avec Malcolm, à travers d'autres œuvres.