Arsace est le confident et le serviteur d’Antiochus. Dès sa première apparition, il accompagne son maître à Rome et sert d’intermédiaire dans les démarches secrètes liées à Bérénice. Il occupe donc une place secondaire dans l’intrigue, mais une place essentielle dans le fonctionnement de la pièce, car il relaie les nouvelles, porte les messages et soutient les décisions d’Antiochus.
Arsace remplit surtout un rôle d’adjuvant. Il n’agit pas pour lui-même, mais pour Antiochus, dont il exécute les ordres, informe des mouvements de la cour et tente de conseiller les choix. Il fait circuler la parole dramatique et permet aux spectateurs de comprendre l’état des rapports entre Titus, Bérénice et Antiochus. Par sa présence, il structure plusieurs échanges décisifs et donne un accès direct aux hésitations de son maître.
Son poids dans l’intrigue vient aussi de sa fonction de témoin et de relais. Il annonce, commente, interroge, pousse Antiochus à se décider, et sert de point d’appui dans les moments d’indécision. Sans être au centre du conflit amoureux, il accompagne toutes ses étapes et contribue à faire avancer l’action vers la révélation finale et le départ annoncé.
La relation principale est celle qui unit Arsace à Antiochus. Il lui obéit avec promptitude, l’écoute, le questionne et cherche à le ramener à une décision plus stable. Son langage est respectueux, souvent étonné, parfois insistant, ce qui montre à la fois sa fidélité et une certaine liberté de parole envers son maître. Il comprend les troubles d’Antiochus, mais il ne les partage pas entièrement.
Avec Bérénice et Titus, Arsace intervient surtout comme messager ou observateur. Il va chez Bérénice pour demander un entretien secret, revient informer Antiochus de l’état de la cour, et expose ce qu’il a vu ou entendu. Il n’entre pas dans une rivalité personnelle avec eux, mais il se trouve pris dans l’espace de tension entre les trois figures principales, dont il perçoit les contradictions et les bouleversements.
Arsace se distingue par sa fidélité, sa disponibilité et sa franchise. Il est prompt à obéir, attentif aux intérêts d’Antiochus, et capable de lui parler avec assurance. Son comportement montre un sens du devoir et une forme de loyauté constante. Il n’est ni fourbe ni dominateur : il aide, conseille, questionne et tente de comprendre.
Psychologiquement, il se révèle plus pragmatique qu’Antiochus. Il cherche à ramener les événements à des faits clairs, à des évidences politiques ou sentimentales, là où son maître se perd dans le doute et la sensibilité. Cette lucidité n’efface pourtant pas sa surprise ni son trouble devant les revirements des autres. Il incarne ainsi une raison d’appui, mais non une raison souveraine, car il demeure lui aussi affecté par la situation.
Arsace reste globalement stable au fil de l’œuvre. Il conserve la même fonction de serviteur fidèle, d’observateur et de conseiller. Son rôle ne se transforme pas en profondeur, mais il s’intensifie selon les circonstances : d’abord messager prudent, puis interlocuteur inquiet, enfin aide précieuse dans le dernier mouvement de l’action. Cette stabilité correspond à sa fonction dramatique, qui est moins d’évoluer que de soutenir les hésitations d’Antiochus et de porter la mécanique de l’intrigue.
Arsace symbolise la fidélité discrète et l’efficacité secondaire sans laquelle les grands conflits resteraient inarticulés. Il révèle aussi l’importance, dans la tragédie, des personnages de l’ombre : ceux qui ne décident pas l’histoire, mais qui en permettent la circulation, la lisibilité et parfois la progression. À travers lui, le texte montre que les passions des puissants reposent aussi sur des voix modestes, dont la lucidité pratique contraste avec les élans et les contradictions des héros.
Personnages qui partagent des traits de caractère avec Arsace, à travers d'autres œuvres.