Macbeth est d'abord présenté comme un thane écossais, proche du pouvoir royal, puis il devient roi d'Écosse. Son entrée dans l'œuvre est préparée par les récits du sergent, de Rosse et d'Angus, qui célèbrent son courage au combat et son rôle décisif dans la victoire contre les rebelles et les Norvégiens. Dès sa première apparition avec Banquo et les trois sorcières, il occupe une place centrale dans l'action : les prophéties le visent directement et orientent tout le drame vers son ascension puis sa chute.
Macbeth est le personnage principal de la tragédie. Il porte l'intrigue de bout en bout, car tout l'enchaînement des événements découle de ses choix, de ses hésitations puis de ses crimes. D'abord héros militaire honoré par Duncan, il devient progressivement l'agent du malheur général : le meurtre de Duncan, l'assassinat de Banquo, la persécution de Macduff, puis la violence qu'il déchaîne sur tout le royaume font de lui le moteur du désordre politique et moral.
Il est à la fois protagoniste et antagoniste de la pièce. Protagoniste, parce que le spectateur suit son destin et ses pensées intimes; antagoniste, parce qu'il usurpe le trône et devient le tyran contre lequel se dressent Malcolm, Macduff, Banquo, puis l'ensemble du camp de restauration. Son poids dramatique tient aussi à ses monologues, où il expose ses doutes, ses visions et sa conscience déchirée, ce qui donne à la tragédie sa dimension intérieure.
La relation la plus déterminante est celle qu'il entretient avec LADY MACBETH. Elle le pousse à agir, stimule son ambition et l'exhorte au crime, notamment avant le meurtre de Duncan. Macbeth lui fait confiance, lui confie ses lettres et suit ses conseils, mais cette alliance conjugale se transforme peu à peu en solitude, car il finit par décider et agir presque seul. Leur couple reste uni dans le crime, mais il perd sa force morale et affective au fil de l'œuvre.
Avec BANQUO, Macbeth passe de la camaraderie militaire à la méfiance, puis à l'élimination. Banquo comprend le danger des prophéties et demeure une menace pour Macbeth, notamment parce que les sorcières ont annoncé que sa descendance régnerait. Les relations avec DUNCAN sont celles d'un vassal et d'un hôte envers son roi, avant la trahison absolue. Face à MACDUFF, Macbeth devient l'ennemi direct : Macduff incarne la justice vengeresse qui le combat et le vainc. Enfin, LES TROIS SORCIÈRES influencent son destin en lui révélant des vérités ambiguës qui nourrissent ses ambitions et l'illusion de son invulnérabilité.
Macbeth est d'abord un homme courageux, honoré pour sa valeur guerrière et pour son efficacité sur le champ de bataille. Mais ce courage se déforme en ambition dévorante. Il voit très clairement le mal qu'il prépare : ses grands monologues montrent qu'il connaît la justice, le devoir d'hôte, la loyauté due à Duncan, et pourtant il choisit de les transgresser. Il est donc profondément divisé entre la conscience morale et le désir de grandeur.
Psychologiquement, il est inquiet, impressionnable et sujet aux visions. Le poignard imaginaire, la voix qui lui dit que le sommeil est assassiné, l'apparition du fantôme de Banquo, puis les prophéties du deuxième acte le montrent hanté par ses propres actes. Sa faiblesse n'est pas l'absence de lucidité, mais au contraire une lucidité douloureuse qui ne l'empêche pas d'agir. Plus il avance, plus il devient dur, violent et désespéré, tout en restant prisonnier de la peur. Il incarne ainsi un mélange de grandeur, de culpabilité et de sauvagerie.
Macbeth évolue d'un héros admiré à un tyran isolé. Au début, il se distingue par sa bravoure, sa fidélité apparente et son prestige militaire. Puis, poussé par les prophéties et par Lady Macbeth, il franchit le seuil du crime. Après le meurtre de Duncan, il perd progressivement sa paix intérieure, s'enferme dans la violence et se laisse guider par la peur de perdre le pouvoir. Ses actes deviennent de plus en plus brutaux et précipités, jusqu'au massacre de la famille de Macduff.
Sa trajectoire est une chute tragique : plus il s'élève socialement, plus il s'abaisse moralement. À la fin, il demeure combatif, mais vidé de toute illusion. Sa mort scelle la ruine du tyran et le rétablissement de l'ordre avec Malcolm. Cette évolution montre qu'il ne change pas dans le sens d'un progrès moral, mais qu'il se transforme en profondeur sous l'effet de l'ambition, de la peur et du remords.
Macbeth symbolise la corruption du pouvoir lorsqu'il est séparé de la justice et de la mesure. Il montre comment une ambition nourrie par des promesses ambiguës, puis par le désir de domination, peut détruire un homme et tout un royaume. À travers lui, la pièce interroge la fragilité de la conscience humaine, la puissance de la tentation et le rapport entre destin et responsabilité personnelle. Les sorcières ne font pas tout : Macbeth choisit d'agir, et c'est ce choix qui le perd.
Il révèle aussi une vision très sombre de l'humanité, capable de connaître le bien et de faire le mal en pleine conscience. Le personnage fait apparaître un monde où le crime dérègle la nature, le sommeil, la parole et l'ordre politique. En cela, il sert le projet tragique de l'œuvre : donner à voir la chute d'un homme qui, ayant voulu forcer le destin, découvre que la grandeur sans vertu conduit à la désolation.
Personnages qui partagent des traits de caractère avec Macbeth, à travers d'autres œuvres.