Les amours

Poésie
Année de parution : 1553

Di l'un des deus, sans tant me deguiser
Le peu d'amour que ton semblant me porte :
Je ne sauroi, veu ma peine si forte,
Tant lamenter ne tant Petrarquiser.

Si tu le veus, que sert de refuser
Ce dous present dont l'espoir me conforte ?

Si non, pourquoi, d'une esperance morte
Pais tu ma vie, affin de l'abuser ?

L'un de tes yeus dans les enfers me ruë,
L'autre à l'envi tour à tour s'évertuë
De me remettre en paradis encor :

Ainsi tes yeus pour causer mon renaitre,
Et puis ma mort, sans cesse me font estre,
Ore un Pollux, et ores un Castor.


Di l'un des deus, sans tant me deguiser
Question à méditer



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