Paulin est un personnage secondaire de la cour romaine, attaché au service de Titus et agissant comme son confident et son intermédiaire. Il apparaît d’abord comme un homme de confiance, chargé de rapports et de missions délicates, notamment auprès de la reine Bérénice. Sa présence, discrète mais régulière, l’inscrit parmi les personnages utiles à l’action, ceux qui soutiennent les décisions des grands sans occuper le devant de la scène.
Dans l’intrigue, Paulin joue surtout le rôle d’adjuvant de Titus. Il reçoit ses confidences, mesure l’état de l’opinion, rapporte la voix de Rome et sert d’appui à la décision impériale. Son importance tient à sa fonction d’intermédiaire : c’est par lui que Titus cherche à entendre "tous les cœurs", et c’est encore lui qui accompagne la crise intérieure de l’empereur au moment de la séparation avec Bérénice.
Paulin n’est pas un moteur autonome de l’action, mais un relais essentiel. Il aide à faire circuler les informations, à rendre visibles les hésitations de Titus et à faire sentir la pression politique qui pèse sur l’amour impérial. Son poids dramatique vient donc moins d’initiatives personnelles que de sa capacité à éclairer, par ses réponses, les conflits centraux de l’œuvre.
La relation la plus nette est celle qui l’unit à Titus. Paulin lui parle avec respect, l’écoute, le conseille et lui rend compte de l’état de Rome et du sénat. Titus lui confie ses inquiétudes, lui demande de sonder l’opinion publique, puis lui dévoile progressivement son renoncement à Bérénice. Paulin apparaît ainsi comme un confident loyal, proche du pouvoir sans appartenir à l’intimité amoureuse de l’empereur.
Avec Bérénice, ses échanges sont plus indirects. Il parle d’elle à Titus, rapporte ses sentiments et contribue à maintenir ou à nourrir l’attente autour de sa destinée. Il n’entre pas dans une rivalité avec elle, mais il devient l’un des médiateurs de la crise qui l’atteint. Face à Antiochus, son rôle est plus limité, puisqu’il ne s’oppose pas à lui et ne cherche pas à intervenir dans son amour; il reste concentré sur la fidélité à Titus et sur l’ordre politique romain.
Paulin se définit d’abord par la fidélité, la retenue et le sens du devoir. Il est calme, mesuré, attentif à la parole de son maître, et semble animé par une conception exigeante de la responsabilité politique. Lorsqu’il expose à Titus les raisons de Rome, il ne flatte pas : il parle franchement, avec une sincérité méthodique qui fait de lui un médiateur sérieux et crédible.
Sa psychologie est marquée par une forme de loyauté disciplinée. Il ne cherche ni à imposer ses désirs ni à capter la lumière tragique. Il accepte son rôle d’interprète entre le pouvoir, le peuple et le sénat. Cette réserve peut aussi le faire apparaître comme un personnage de la raison d’État, plus attaché à la stabilité de l’empire qu’aux mouvements du cœur. Mais le texte laisse voir qu’il n’est pas insensible : il se trouble devant les souffrances de Titus et reconnaît la violence du sacrifice exigé.
Paulin évolue peu, et cette stabilité correspond à sa fonction dans une tragédie classique. Du début à la fin, il demeure le serviteur fidèle, l’observateur lucide et le porte-parole de Rome auprès de Titus. Ce qui change, ce n’est pas sa nature, mais l’intensité de la crise qu’il accompagne : au fil de l’œuvre, il passe du simple rôle d’informateur à celui de témoin direct du déchirement de l’empereur.
Paulin symbolise la médiation politique et la voix du devoir. À travers lui, l’œuvre fait entendre la présence constante de Rome, de ses lois, de ses attentes et de sa rigidité. Il représente aussi une forme de raison pragmatique qui encadre les élans personnels des grands personnages. En cela, il révèle un monde où l’intime ne peut se dire qu’à travers le langage de la charge publique, et où même la fidélité devient une fonction politique.
Personnages qui partagent des traits de caractère avec Paulin, à travers d'autres œuvres.