Casilda est une jeune femme de la maison de la reine, présente à ses côtés dans les scènes de cour. Elle apparaît comme une demoiselle d'honneur vive, familière et observatrice, chargée de servir la reine tout en partageant avec elle des moments d'intimité. Dès ses premières interventions, elle se distingue par sa liberté de ton et par sa capacité à alléger l'atmosphère de la cour, ce qui en fait un personnage secondaire mais immédiatement utile à l'équilibre de la scène.
Casilda joue surtout un rôle d'adjuvant auprès de la reine. Elle l'écoute, la questionne, la conseille et cherche à distraire son ennui. Elle sert ainsi de relais entre la souveraine et le monde extérieur, tout en révélant par contraste l'enfermement de la cour. Son importance tient aussi à sa fonction d'observation : elle voit, comprend, commente, et permet au spectateur d'accéder à certains enjeux affectifs et politiques.
Elle intervient à plusieurs moments décisifs de l'intrigue. C'est elle qui propose des idées à la reine, qui remarque le trouble de Ruy Blas, qui découvre le duel annoncé entre Ruy Blas et don Guritan, et qui avertit la reine. Par ces actions, elle n'est pas au centre du drame, mais elle contribue à faire avancer l'action et à préparer plusieurs tensions majeures.
La relation la plus nette est celle qui l'unit à la Reine. Casilda lui parle avec franchise, parfois avec une légèreté presque insolente, mais sans jamais cesser de lui être dévouée. Elle tente de la divertir, la plaint sincèrement et cherche à l'aider dans son mal-être. Leur lien repose sur la proximité, la confiance et une forme de tendresse.
Avec Ruy Blas, Casilda n'entretient pas une relation centrale, mais elle le perçoit avec attention. Elle remarque son malaise, son trouble, sa blessure, puis son écriture, sans toujours en comprendre la portée. Elle sert aussi d'intermédiaire en observant ses gestes et en transmettant l'alerte autour d'elle. Face à don Guritan, elle joue le rôle de témoin amusé et lucide, tandis que face à la duchesse d'Albuquerque, elle adopte un ton ironique qui souligne sa distance critique envers les rigidités de la cour.
Casilda est d'abord une femme vive, curieuse et spirituelle. Son langage est enjoué, son regard acéré, et ses remarques montrent un goût certain pour l'observation des personnes et des comportements. Elle possède une forme d'audace verbale qui lui permet de parler franchement à la reine, ce qui la rend à la fois attachante et singulière dans un univers marqué par les conventions.
Elle manifeste aussi de la compassion et une vraie sensibilité. Elle comprend la souffrance de la reine, s'émeut de son isolement, et se montre attentive aux signes de détresse. En même temps, elle conserve une part de légèreté et d'ironie : elle plaisante, raille les vieillards de la cour et propose des solutions pratiques avec un mélange de malice et de bon sens. Sa psychologie se définit donc par un équilibre entre vivacité, fidélité, humour et sensibilité.
Casilda ne connaît pas de transformation profonde. Comme beaucoup de personnages de théâtre, elle reste globalement stable : elle demeure la confidente vive, pratique et spirituelle de la reine. Cette stabilité n'est pas une faiblesse, mais une fonction dramatique. Elle permet de maintenir une continuité de ton et de servir de point d'appui à la reine dans un univers mouvant et menaçant.
Casilda symbolise une forme de bon sens vivant au milieu d'une cour figée par les règles, les rangs et les apparences. Par sa liberté de parole, elle révèle l'absurdité de certains codes de l'étiquette et fait sentir la solitude de la reine. Elle incarne aussi une humanité simple, attentive aux émotions réelles, qui contraste avec les calculs politiques et les poses sociales qui dominent l'œuvre. À travers elle, le texte valorise l'intelligence immédiate, la fidélité et la présence au réel.
Personnages qui partagent des traits de caractère avec Casilda, à travers d'autres œuvres.