Persinet est un jeune homme amoureux de Lina, présenté comme un prétendant dont le mariage a été envisagé avec elle. Son statut est celui d’un personnage masculin subalterne et dépendant du jeu des décisions familiales et politiques, puisqu’il se voit successivement écarté, chassé, puis rappelé selon l’évolution de la querelle entre femmes et hommes. Il apparaît d’abord dans une fonction très nette de jeune amoureux, mais il prend vite une place plus large dans l’action par ses interventions comiques et ses démarches auprès des autres personnages.
Dans l’intrigue, Persinet joue surtout un rôle d’adjuvant et de relais dramatique. Il sert de témoin inquiet des événements, informe les hommes de ce qui se prépare chez les femmes, et contribue ainsi à faire circuler la nouvelle de la révolte. Son entrée et ses retours ponctuent les scènes de conflit et aident à faire avancer l’action vers la confrontation finale entre les deux groupes.
Il a aussi une fonction comique marquée. Ses déclarations excessives, son trouble, ses pleurs annoncés et ses exclamations soulignent le ton satirique de la pièce. Il n’est pas le centre du conflit, mais il en rend perceptibles les effets concrets sur les relations amoureuses et sur l’ordre social, ce qui lui donne un poids notable dans la dynamique de l’œuvre.
La relation la plus forte de Persinet est celle qu’il entretient avec Lina. Il l’appelle « mon amour », « ma chère Lina », et cherche sans cesse à la rassurer ou à être rassuré par elle. Leur lien est présenté comme fondé sur un accord amoureux spontané, puisqu’ils sont convenus ensemble de vouloir la même chose. Mais cette relation est constamment menacée par Madame Sorbin, qui veut rompre les liens avec les hommes et interdit à Lina de fréquenter Persinet.
Avec Monsieur Sorbin, Timagène et Hermocrate, Persinet est surtout un intermédiaire affolé. Il les alerte sur la révolte des femmes, leur décrit le désordre et sollicite leur protection. Les hommes le renvoient souvent avec brusquerie ou mépris, ce qui souligne sa faiblesse sociale. Pourtant, il devient aussi un acteur utile lorsque Hermocrate lui demande d’aller rappeler les femmes et d’apporter une table et de quoi écrire, ce qui l’intègre provisoirement aux tractations politiques.
Persinet apparaît comme un personnage tendre, plaintif et fidèle. Il est profondément attaché à Lina et son langage déborde d’affection et d’émotion. Son premier moteur est l’amour, non l’ambition ou la domination. Il se montre aussi sensible à l’instabilité de la situation, ce qui le rend vulnérable, inquiet, parfois presque comique dans son effroi.
Il possède cependant une énergie vive et une forme de loyauté active. Lorsqu’il constate le danger, il court prévenir les hommes et tente de comprendre ce qui se passe. Il n’a ni l’autorité ni la fermeté des chefs, mais il compense par sa disponibilité et son empressement. Sa psychologie est celle d’un jeune homme emporté par l’événement, plus affectif que décisionnaire, et dont l’amour demeure la valeur centrale.
Persinet évolue peu sur le fond, ce qui correspond à une logique théâtrale où il sert surtout de révélateur. Il passe de l’amoureux éconduit au témoin alarmé, puis au messager et au participant secondaire des négociations. Sa constance affective envers Lina ne se dément jamais, même quand le contexte devient politique et que l’ordre du mariage vacille. Cette stabilité montre qu’il incarne une fidélité simple, opposée aux grands discours de pouvoir.
Persinet symbolise une jeunesse amoureuse prise dans des bouleversements qui la dépassent. À travers lui, le texte montre que les grands conflits politiques touchent aussi les sentiments ordinaires et les liens du quotidien. Sa présence fait ressortir, par contraste, l’absurdité de certaines prétentions à gouverner sans tenir compte des désirs humains les plus simples. Il sert ainsi à la fois de ressort comique et de signe des désordres provoqués par la remise en cause de l’ordre établi.
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