Les amours

Poésie
Année de parution : 1553

Si mile oeillets, si mile lis j’embrasse,
Entortillant mes bras tout alentour,
Plus fort qu’un cep, qui d’un amoureus tour
La branche aimée, impatient enlasse:

Si le souci ne jaunit plus ma face,
Si le plaisir fonde en moi son sejour,
Si j’aime mieus les ombres que le jour,
Songe divin cela vient de ta grace.

Avecque toi je volerois aus cieus,
Mais ce portrait qui nage dans mes yeus,
Fraude toujours ma joïe entrerompue.

Et tu me fuis au milieu de mon bien,
Comme l’éclair qui se finit en rien,
Ou comme au vent s’evanoüit la nue.


Si mile oeillets, si mile lis j’embrasse
Question à méditer



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