Don Ricardo de Roxas est un seigneur de la suite de don Carlos, présenté parmi d'autres grands personnages qui accompagnent le roi dans les scènes de complot et de cour. Il apparaît d'abord au Tombeau, tête nue et lanterne à la main, puis revient dans la scène de la Noce, où il fait partie du groupe de jeunes seigneurs masqués. Son statut est donc celui d'un noble de cour, proche du pouvoir, mais aussi d'un personnage secondaire dont la présence contribue à faire avancer et à commenter l'action.
Sa fonction narrative est essentiellement celle d'un personnage d'appui autour de don Carlos. Dans la scène du tombeau, il sert de guide au roi et lui fournit des renseignements sur les conjurés, ce qui fait de lui un auxiliaire de l'action politique. Il ne porte pas l'intrigue principale, mais il participe à la mise en place du complot et à l'atmosphère de danger, en révélant les noms, les lieux et les intentions des opposants.
Il joue aussi un rôle de relais mondain et satirique dans la scène de la noce. Avec Don Sanche, Don Matias, Don Francisco et Don Garcie-Suarez, il commente les événements avec légèreté, esprit et ironie. Il n'est ni protagoniste ni antagoniste majeur, mais un figurant très actif du monde nobiliaire, qui aide à donner du relief à la cour, à la politique et à l'amour dans l'œuvre.
Sa relation la plus nette est avec don Carlos, qu'il accompagne dans les caves du tombeau. Il répond aux questions du roi, lui énumère les conjurés et accepte son autorité; il va même jusqu'à recevoir de lui une marque de faveur symbolique lorsqu'il est nommé alcade du palais. Cette proximité montre une dépendance au pouvoir royal, mais aussi une capacité à s'en accommoder avec souplesse.
Dans la scène de la noce, Don Ricardo se trouve au milieu d'un groupe de jeunes seigneurs avec Don Sanche, Don Matias, Don Francisco et Don Garcie-Suarez. Ses échanges sont marqués par la plaisanterie, les sous-entendus et les conversations sur l'amour, la fortune et les titres. Il n'entre pas dans les grands conflits intimes de Hernani, doña Sol et don Ruy Gomez, mais il participe à l'entourage social qui observe, commente et accompagne leurs destins.
Don Ricardo se caractérise d'abord par son ambition et son opportunisme. Il le dit lui-même : il a fait sa fortune en sachant observer et se placer près du roi, passant de comte à grand puis à alcade de cour. Cette confession le présente comme un homme pratique, habile à tirer profit des circonstances, sans idéalisme excessif.
Il montre aussi une certaine légèreté spirituelle et un goût du mot juste. Dans la scène de la noce, il lance des remarques ironiques sur le mariage, la fortune et les apparences, avec une aisance mondaine qui le rapproche du ton de la satire. En même temps, son comportement révèle une forme de soumission intéressée : il sait flatter, se taire ou saluer selon la situation. Son allure est moins profonde que mobile, moins héroïque que fonctionnelle, ce qui en fait un personnage d'esprit autant que d'intérêt.
Don Ricardo évolue peu au sens dramatique. Il apparaît d'abord comme un serviteur politique du roi, puis comme un gentilhomme de cour qui a su profiter du système. D'une scène à l'autre, il conserve la même souplesse, la même prudence et la même tendance à se situer du côté du pouvoir et de l'observation. Cette stabilité signifie qu'il n'est pas conçu pour un grand destin individuel, mais comme une figure représentative du monde courtisan.
Don Ricardo de Roxas symbolise l'homme de cour tel que l'œuvre peut le montrer dans ses aspects les plus réalistes : habile, adaptable, intéressé, sensible aux rangs et aux faveurs. Par lui, le texte suggère que la politique attire les ambitions personnelles et que les titres peuvent devenir des moyens de promotion. Son personnage éclaire aussi le contraste entre les grandes passions tragiques des héros et la mobilité plus froide des courtisans qui gravitent autour d'eux.
Personnages qui partagent des traits de caractère avec Don Ricardo de Roxas, à travers d'autres œuvres.