Le Petit Chaperon rouge est une petite fille de village présentée dès l’ouverture du conte comme "la plus éveillée qu’on eût su voir". Fille d’une mère attentionnée et d’une mère-grand qu’elle doit visiter, elle apparaît d’abord comme un personnage enfantin, aimable et très identifié par son vêtement distinctif, le petit chaperon rouge qui lui donne son nom. Son rôle est central dans le premier récit, où elle sert de point de départ à l’action et incarne une innocence exposée au danger.
Dans le conte qui lui est consacré, elle est la protagoniste principale. Toute l’intrigue se construit autour de son déplacement vers la maison de sa mère-grand, de sa rencontre avec le Loup et de la catastrophe qui en résulte. Par sa présence, le récit met en place une progression très simple et très efficace : une mission familiale, une rencontre menaçante, puis le piège et la dévoration.
Son importance narrative tient aussi à sa fonction exemplaire. Elle n’agit pas comme une héroïne victorieuse, mais comme une enfant dont la naïveté permet au drame de se produire. Le conte repose ainsi sur son expérience malheureuse, qui donne au récit sa portée morale : ce qui arrive au Petit Chaperon rouge sert d’avertissement au lecteur.
Sa relation la plus visible est celle qu’elle entretient avec sa mère et sa mère-grand. Sa mère lui confie une mission de visite et de soin, en lui demandant de porter une galette et un petit pot de beurre à la grand-mère malade. Le Petit Chaperon rouge est donc d’abord une enfant obéissante, chargée d’un devoir familial simple. Avec sa mère-grand, la relation est affectueuse et protectrice, puisqu’elle va la voir pour s’enquérir de son état.
Face au Loup, en revanche, elle se trouve dans une relation d’asymétrie totale. Elle lui parle sans méfiance, lui donne des renseignements précis et suit même son conseil de prendre un autre chemin. Le Loup profite de cette confiance pour la tromper, puis pour la faire entrer dans la maison et la dévorer. Le personnage n’entre pas dans d’autres alliances durables dans ce passage, ce qui renforce son isolement au moment du danger.
Le texte insiste sur sa jeunesse, sa vivacité et surtout sa naïveté. Elle est décrite comme "la plus éveillée", mais cette vivacité ne s’accompagne pas d’expérience : elle ne sait pas qu’il est dangereux de s’arrêter à écouter un loup. Elle se montre confiante, polie, docile envers les paroles d’autrui, et son comportement reste guidé par l’apparence des choses plutôt que par la prudence.
Son profil psychologique est aussi celui d’un personnage distrait et léger. En chemin, elle s’amuse à cueillir des noisettes, à courir après des papillons et à faire des bouquets de fleurs, ce qui traduit son attrait pour le jeu et l’instant présent. Cette insouciance n’est pas présentée comme une malveillance, mais comme une faiblesse enfantine : elle n’anticipe pas le danger, et c’est précisément cette absence de soupçon qui la rend vulnérable.
Le Petit Chaperon rouge ne connaît pas d’évolution intérieure dans le récit : il s’agit d’un personnage largement statique, qui passe de l’innocence à la victime sans acquérir de véritable expérience salvatrice. Son parcours est bref et linéaire, et sa fin tragique clôt son histoire sans transformation positive. Cette stabilité souligne moins un apprentissage qu’une démonstration : le conte montre ce qui peut arriver à un enfant trop confiant.
Le Petit Chaperon rouge symbolise l’innocence exposée à la ruse et à la prédation. À travers elle, le texte met en scène la fragilité de l’enfant face aux apparences trompeuses et à la parole mensongère. Le conte révèle aussi une conception du monde où l’on doit se défier des inconnus et ne pas s’écarter des consignes reçues, ce qui fait du personnage un support d’avertissement moral autant qu’une figure touchante de vulnérabilité.
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