Madame Stahlbaum est la mère de Marie, de Fritz et de Louise, et l'épouse du médecin consultant Stahlbaum. Dans ce foyer bourgeois bien ordonné, elle apparaît d'abord comme la figure maternelle qui encadre la vie familiale, prépare la fête de Noël et veille sur les enfants. Elle appartient au cercle domestique où se jouent les premiers émerveillements, les disputes et les apprentissages moraux qui structurent l'œuvre.
Dans l'intrigue, Madame Stahlbaum n'est ni héroïne centrale ni antagoniste, mais une figure d'encadrement essentielle. Elle organise la réception des cadeaux, accompagne les enfants dans le rituel de Noël et sert de point d'appui à la scène familiale qui ouvre le récit. Sa présence donne au conte son cadre réaliste et protecteur, avant l'entrée dans le merveilleux.
Elle a aussi un rôle de régulatrice. C'est elle qui veille à l'heure du coucher, qui éteint presque toutes les lumières quand Marie veut rester seule avec ses joujoux, qui rassure ou corrige les enfants, et qui intervient après la bataille nocturne en reliant les événements à l'idée d'un rêve et d'une blessure. Elle contribue donc à maintenir l'ordre familial face à l'imaginaire débordant de Marie et aux emportements de Fritz.
Avec Marie, Madame Stahlbaum entretient une relation tendre et attentive, mais aussi normative. Elle lui parle avec douceur, l'autorise parfois à rester encore un peu auprès de ses joujoux, puis la rappelle à la raison et au repos. Lors de la maladie de Marie, elle se montre inquiète et protectrice, et c'est encore elle qui, plus tard, tente de ramener sa fille à une interprétation raisonnable de ce qu'elle raconte sur Casse-Noisette et le royaume merveilleux.
Avec Fritz, elle partage le rôle de parent qui surveille, limite et corrige. Avec Louise, elle apparaît comme la mère d'un même espace domestique, où chacun a sa place et ses jouets. Avec le médecin consultant Stahlbaum, elle forme un couple parental uni, capable de parler d'une même voix lorsqu'il s'agit de santé, d'éducation ou de doute face aux récits de Marie. Face au parrain Drosselmeier, elle reste prudente et parfois perplexe, sans se laisser entièrement gagner par son étrangeté.
Madame Stahlbaum est décrite comme une mère bienveillante, attentive et raisonnable. Elle n'est ni autoritaire au sens brutal du terme ni froide : elle sait laisser Marie un moment auprès de ses joujoux, elle veille sur son sommeil, et elle manifeste de l'inquiétude quand sa fille est blessée ou fiévreuse. Sa conduite traduit le souci de protéger l'enfance tout en la dirigeant vers l'ordre et la mesure.
Son trait dominant est sans doute la prudence. Elle cherche à expliquer les faits de façon rationnelle, notamment lorsque Marie rapporte ses visions de souris, de Casse-Noisette vivant et de voyages féeriques. Cette attitude la rend parfois distante à l'égard de l'imaginaire de sa fille, mais elle n'est pas hostile : elle écoute, observe, et semble deviner confusément que quelque chose d'important se joue, même si elle ne peut pas l'expliquer clairement. Elle incarne ainsi une forme de sagesse maternelle mêlée de réserve.
Madame Stahlbaum évolue peu au cours de l'œuvre. Elle reste une figure stable du foyer, fidèle à son rôle de mère attentive, gardienne de l'ordre domestique et de la santé des enfants. Ce qui change surtout, c'est le regard porté sur elle par les événements : plus l'univers de Marie s'ouvre au merveilleux, plus Madame Stahlbaum apparaît comme le pôle du réel, celui qui tempère, explique et ramène à la norme.
Madame Stahlbaum symbolise l'autorité douce du monde familial bourgeois, fondé sur la discipline, la surveillance bienveillante et la confiance dans la raison. Elle représente aussi une limite : celle d'un adulte qui protège l'enfant mais ne peut ni comprendre ni admettre pleinement la puissance de l'imaginaire. À travers elle, le texte met en scène la tension entre l'explication rationnelle et l'expérience intérieure de l'enfance, entre le quotidien ordonné et l'éveil au merveilleux.
Personnages qui partagent des traits de caractère avec Madame Stahlbaum, à travers d'autres œuvres.