Capitale de la douleur

Poésie
Année de parution : 1926

L’hiver sur la prairie apporte des souris.
J’ai rencontré la jeunesse.
Toute nue aux plis de satin bleu,
Elle riait du présent, mon bel esclave.

Les regards dans les rênes du coursier,
Délivrant le bercement des palmes de mon sang,
Je découvre soudain le raisin des façades couchées sur le soleil,
Fourrure du drapeau des détroits insensibles.

La consolation graine perdue,
Le remords pluie fondue,
La douleur bouche en cœur
Et mes larges mains luttent.

La tête antique du modèle
Rougit devant ma modestie.
Je l’ignore, je la bouscule.
O ! lettre aux timbres incendiaires

Qu’un bel espion n’envoya pas.
Il glissa une hache de pierre
Dans la chemise de ses filles,
De ses filles tristes et paresseuses.

À terre, à terre tout ce qui nage !
À terre, à terre tout ce qui vole ! ;
J’ai besoin des poissons pour porter ma couronne
Autour de mon front,

J’ai besoin des oiseaux pour parler à la foule.


L'HIVER SUR LA PRAIRIE
Question à méditer

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