À propos de cette œuvre

Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley raconte l'histoire de Victor Frankenstein, un jeune savant fasciné par le secret de la vie, qui parvient à créer un être vivant à partir de matière morte. Obsédé par son ambition scientifique, il veut dépasser les limites de l'humain et devenir, à sa manière, le maître de la création. Mais lorsqu'il voit le résultat de son travail, il est saisi d'horreur et abandonne sa créature. Le roman suit alors les conséquences tragiques de cet acte de rejet.

L'oeuvre ne parle pas seulement de science ou de création artificielle. Elle explore aussi la solitude, le besoin d'amour, la responsabilité et les dangers de l'orgueil. Le monstre n'est pas présenté comme mauvais dès le départ - il devient violent parce qu'il est rejeté par tous et condamné à vivre dans la souffrance. Mary Shelley montre ainsi que la vraie monstruosité peut venir autant de l'abandon, de l'égoïsme et du refus de prendre ses responsabilités que de l'apparence physique.

Le roman est aussi une réflexion sur les limites du savoir humain. Victor Frankenstein veut percer les secrets de la nature sans mesurer les conséquences de son désir de puissance. À travers cette histoire, Mary Shelley interroge le rapport entre l'homme et la science, entre la création et la morale, et entre le créateur et sa créature. Elle en fait un récit à la fois tragique, philosophique et profondément humain.

Personnages

Sommaire — 29 chapitres

1.
Préface

Le fait sur lequel repose cette fiction, n’a point paru impossible au docteur Darwin, et à quelques-uns des Écrivains physiologiques de l’Allemagne. Je ne veux pas laisser croire que je suis porté à y ajouter sérieusement foi. Cependant, en le...

2.
Lettre I

À MADAME SAVILLE, EN ANGLETERRE.Saint-Pétersbourg, 11 décembre 17-« Vous serez bien aise d’apprendre qu’aucun malheur n’a troublé le commencement d’une entreprise que vous avez envisagée avec de funestes pressentimens. Je suis arrivé ici hier, et mon premier devoir est d’informer...

3.
Lettre II

À MADAME SAVILLE, EN ANGLETERRE.Archangel, 28 mars 17-« Que le temps passe lentement ici, entouré comme je suis par la glace et la neige ! Cependant, j’ai fait un second pas dans mon entreprise ; j’ai loué un vaisseau, et...

4.
Lettre III

À MADAME SAVILLE, EN ANGLETERRE.7 juillet 17-Ma chère sœur,« Je vous écris quelques lignes à la hâte, pour vous dire que je suis en bonne santé, et fort avancé dans mon voyage. Cette lettre parviendra en Angleterre par la voie...

5.
Lettre IV

À MADAME SAVILLE, EN ANGLETERRE.5 août 17-« Nous venons d’être témoins d’un événement si étrange, que je ne puis m’empêcher de vous en faire part, quoiqu’il soit très-probable que vous me voyez avant que ce journal ne puisse vous parvenir.»...

6.
Chapitre I

Je suis né à Genève, et ma famille est une des plus considérables de cette république. Mes ancêtres avaient été, depuis bon nombre d’années, conseillers et syndics ; et mon père avait rempli des fonctions publiques avec honneur et distinction....

7.
Chapitre II

Je venais d’atteindre ma dix-septième année, quand mes parens prirent la résolution de m’envoyer étudier à l’université d’Ingolstadt. J’avais d’abord suivi les écoles de Genève ; mais mon père pensa qu’il était nécessaire, pour le complément de mon éducation, de...

8.
Chapitre III

Depuis ce jour, je me livrai presqu’exclusivement à l’étude de la philosophie naturelle, et surtout de l’alchimie, dans le sens le plus étendu de ce mot. Je lus avec ardeur les ouvrages qui ont été composés sur cette science par...

9.
Chapitre IV

Ce fut en novembre, pendant une nuit affreuse, que je vis l’accomplissement de mes travaux. Dans une inquiétude voisine de l’agonie, je rassemblai autour de moi les instrumens propres à donner la vie, pour introduire une étincelle d’existence dans cette...

10.
Chapitre V

Clerval me remit la lettre suivante :À V. FRANKENSTEIN.« Mon cher Cousin,» Je ne puis vous peindre l’inquiétude que nous avons tous éprouvée au sujet de votre santé. Nous ne pouvons nous empêcher de croire que votre ami Clerval nous...

11.
Chapitre VI

À mon retour, je trouvai la lettre suivante de mon père :À V. FRANKENSTEIN.« Mon cher Victor,» Tu as sans doute attendu avec impatience une lettre qui fixât l’époque de ton retour au milieu de nous. J’ai d’abord été tenté...

12.
Chapitre VII

Le procès devait commencer à onze heures : nous restâmes jusqu’à ce moment dans la tristesse. J’accompagnai à la cour mon père et le reste de la famille, qui étaient obligés de paraître comme témoins. Pendant tout le temps de...

13.
Chapitre VIII

Rien n’est plus pénible pour le cœur de l’homme, que le calme glacial qui succède aux sentimens divers soulevés par une suite rapide d’événemens, et la certitude qui enlève en même temps l’espérance et la crainte. Justine n’était plus !...

14.
Chapitre IX

Le lendemain, malgré les prédictions de nos guides, le temps fut beau, mais nuageux. La source de l’Arveyron fut le premier but de notre curiosité : puis, nous parcourûmes la vallée jusqu’au soir. Ces scènes sublimes et magnifiques étaient la...

15.
Chapitre X

« J’ai beaucoup de peine à me rappeler les premiers momens de mon existence ; tous les événemens de cette époque ne se retracent à ma mémoire qu’avec confusion et en désordre. Une étrange multiplicité de sensations me saisit ;...

16.
Chapitre XI

» Je m’étendis sur la paille sans pouvoir dormir. Je pensais à tout ce dont j’avais été témoin pendant le jour. J’étais surtout frappé des manières douces de ces gens ; et je désirais aller les trouver, mais je n’osais...

17.
Chapitre XII

» J’arrive maintenant à la partie la plus intéressante de mon histoire. Je rapporterai les évènemens qui ont bouleversé tous mes sentimens, et m’ont fait tel que je suis aujourd’hui.» Le printemps s’avançait rapidement ; le temps devint beau, et...

18.
Chapitre XIII

» J’appris par la suite l’histoire de mes amis. Elle se grava profondément dans mon esprit ; car elle se composait d’une foule de circonstances fort intéressantes et merveilleuses pour un être aussi inexpérimenté que moi.» Le vieillard se nommait...

19.
Chapitre XIV

« Telle était l’histoire de mes chers voisins. J’en fus profondément frappé. J’appris même, en comparant les positions de la vie sociale qu’elle développait, à admirer les vertus de cette famille, et à détester les vices de l’espèce humaine.» Cependant...

20.
Chapitre XV

« Maudit, maudit créateur ! Pourquoi vivais-je ? Pourquoi, dans cet instant, n’ai-je pas éteint l’étincelle d’existence que vous m’aviez si imprudemment donnée ? Je ne sais ; le désespoir ne s’était pas encore emparé de moi ; mes sentimens...

21.
Chapitre XVI

Le monstre cessa de parler, et fixa les yeux sur moi, dans l’attente d’une réponse ; mais j’étais troublé, hors de moi, et incapable de recueillir assez mes idées pour comprendre toute l’étendue de sa proposition. Il continua :« Il...

22.
Chapitre XVII

Après mon retour à Genève, les jours et les semaines s’écoulèrent sans que je pusse trouver le courage de recommencer mon ouvrage. Si je ne remplissais pas ma promesse envers le démon, j’avais tout à craindre de sa vengeance ;...

23.
Chapitre XVIII

Londres fut notre point de repos ; nous résolûmes de rester plusieurs mois dans cette ville étonnante et célèbre. Clerval désirait voir les hommes les plus remarquables de cette époque par leur talent ou leur génie ; mais je n’y...

24.
Chapitre XIX

J’étais assis un soir dans mon laboratoire. Le soleil était couché depuis long-temps, et la lune s’élevait de la mer ; il n’y avait plus assez de jour pour que je pusse continuer mon ouvrage. Je le suspendis, incertain si...

25.
Chapitre XX

Je fus bientôt amené devant un magistrat ; son visage exprimait la bonté ; ses manières le calme et la douceur. Il me regarda, cependant, avec quelque sévérité ; il se tourna ensuite vers mes conducteurs, et demanda quelles étaient...

26.
Chapitre XXI

Nous avions résolu de ne pas aller à Londres, mais de traverser le pays jusqu’à Portsmouth ; et là, de nous embarquer pour le Hâvre. Le motif principal qui me déterminait à préférer ce plan, c’est que je craignais de...

27.
Chapitre XXII

Il était huit heures lorsque nous mîmes pied à terre ; nous nous promenâmes quelque temps sur le bord du lac, en jouissant de l’éclat fugitif du jour ; et même en nous dirigeant vers l’auberge, nous contemplions la vue...

28.
Chapitre XXIII

La situation de mon esprit était telle, que je ne fus plus maître d’aucune pensée. J’étais animé par la fureur ; la vengeance seule me donnait des forces et du calme ; elle tempérait mes sentimens, et me permettait d’être...

29.
Suite, par Walton

26 août 17-« Vous avez lu, ma sœur, cette histoire étrange et effrayante. Ne sentez-vous pas votre sang glacé par une horreur, qui, même en ce moment, arrête le mien dans mes veines ? Quelquefois il était saisi subitement par...



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