Max est l'un des deux amis les plus proches du comte Horace de Beuzeval, aux côtés d'Henri. Il appartient à ce cercle d'hommes jeunes, riches, liés par une intimité ancienne, et il apparaît d'abord dans l'univers du château de Burcy, au coeur d'une sociabilité aristocratique dominée par les plaisirs, les chasses et les armes. Sa première apparition le montre comme un homme de mouvement et d'action, mêlé aux voyages, aux relais, aux rencontres en mer et aux aventures nocturnes qui structurent l'intrigue.
Dans l'économie générale du récit, Max n'est pas le narrateur ni le protagoniste principal, mais un personnage secondaire essentiel. Il sert d'appui au comte Horace, participe aux événements décisifs et contribue à l'atmosphère d'inquiétante complicité qui entoure les crimes. Son importance tient à ce qu'il révèle, par ses gestes et par ses paroles, la part sociale et morale du réseau autour d'Horace.
Max joue d'abord un rôle d'adjuvant du comte Horace. Il accompagne ses déplacements, partage ses activités et se trouve présent dans les scènes où se manifeste la puissance de Horace. Ainsi, lors de la promenade en barque près de Burcy, il est l'homme de la petite embarcation qui approche et salue Horace et Pauline. Plus tard, à la fête de Paris, il figure parmi les proches du comte, présent dans les jeux, les conversations et la vie mondaine. Son rôle n'est donc pas spectaculaire en lui-même, mais il est indispensable à l'entourage du comte, et donc au fonctionnement de l'intrigue.
Max est aussi un opposant latent à la paix morale du récit. Il appartient, avec Henri, au groupe des complices qui participent aux violences du château. Lorsque Pauline, enfermée dans le laboratoire, entend les propos des trois hommes, Max apparaît comme un des hommes qui désirent s'approprier la femme capturée. Sa présence contribue alors à faire basculer la scène dans l'horreur, car il incarne la part de brutalité collective que Horace dirige et que le récit dénonce. Il est à la fois figurant de la bande et rouage du crime.
Sa relation la plus nette est celle qui l'unit à Horace. Max lui est associé par une amitié masculine très forte, ancienne et presque fusionnelle, au point que les trois hommes Horace, Max et Henri fonctionnent comme un groupe soudé. Il suit Horace dans ses loisirs, ses chasses et ses expéditions, et semble accepter son autorité sans la contester. Cette fidélité fait de lui un compagnon plus qu'un rival, mais un compagnon compromis, car il participe aux entreprises du comte et partage ses secrets.
Avec Henri, Max forme un duo de complices et même de rivaux. Dans la scène du laboratoire, tous deux se disputent la femme prisonnière, chacun prétendant avoir des droits sur elle. Cette rivalité dégénère en menace de duel au couteau, avant qu'Horace ne les tranche d'un coup de feu meurtrier. Max n'entretient avec Pauline aucun lien intime ou affectif durable dans le texte, sinon cette convoitise violente et opportuniste. Face à Alfred et à Pauline, il reste un homme de l'ombre, connu surtout par son appartenance au cercle d'Horace.
Max apparaît comme un personnage de sociabilité mondaine et de violence. Il est galant, mobile, sûr de lui, mais son élégance cache une brutalité profonde. Le texte le montre notamment en costume de marinier, avec un filet à la main, ce qui souligne sa capacité à se déguiser ou à se glisser dans les rôles que lui impose l'action. Son comportement dans l'appartement du laboratoire révèle une morale de prédateur : il parle de la femme comme d'un objet à choisir, à prendre, à se partager. Cette désinvolture devant l'horreur le définit.
Psychologiquement, Max est moins individualisé qu'Horace, mais il est clairement du côté de l'instinct, du désir et de la camaraderie virile. Il n'exprime ni scrupule ni remords visibles. Sa loyauté envers Horace n'a rien de moral : elle relève de l'habitude, de l'intérêt commun et d'une solidarité criminelle. En cela, il incarne une forme d'homme livré aux usages du plaisir, du pari et du groupe, sans profondeur rédemptrice. Sa violence n'est pas solitaire : elle se nourrit du nombre, de la complicité et de l'ivresse.
Max évolue peu dans l'oeuvre. Il passe du rôle de compagnon de Horace à celui de complice clairement impliqué dans des actes de prédation et de violence, sans qu'aucune conversion morale ne vienne nuancer son image. Le texte ne lui accorde pas d'itinéraire intérieur comparable à celui d'Alfred ou de Pauline : il reste stable dans sa fonction de membre du trio Horace, Max, Henri. Cette stabilité souligne moins une psychologie complexe qu'une fixité morale.
Son parcours conserve donc une cohérence inquiétante : toujours lié aux mêmes hommes, toujours du côté de l'action brutale, il finit par apparaître comme l'une des incarnations les plus nettes de l'univers corrupteur d'Horace. S'il change, c'est seulement par la révélation progressive de ce qu'il est déjà dès le départ : un homme de la bande, du secret et du crime.
Max symbolise la complicité masculine qui rend possible le mal. Il n'est pas le grand criminel solitaire, mais le relais d'un système fondé sur l'entente, l'argent, le prestige et la force. À travers lui, le texte montre que la violence d'Horace n'est pas isolée : elle s'appuie sur un milieu, des amis, des habitudes, des codes de chasse, de duel et de mondanité. Max révèle ainsi la face sociale du mal : le crime devient presque un mode de vie partagé.
Il permet aussi à l'auteur d'opposer deux modèles d'humanité. D'un côté, Alfred et Pauline cherchent la vérité, la douleur, la fidélité morale; de l'autre, Max et ses complices font primer l'usage du monde, le désir immédiat et la loyauté de groupe. Max est donc utile à la critique d'une société où l'élégance peut couvrir la corruption, où l'amitié masculine peut devenir alliance criminelle, et où la civilisation extérieure masque la sauvagerie intérieure.
Personnages qui partagent des traits de caractère avec Max, à travers d'autres œuvres.