Henri est un des deux compagnons d'Horace de Beuzeval, avec Max. Il apparaît comme un jeune homme de l'entourage du comte, installé dans son cercle intime et associé à ses activités de chasse, d'armes et de violence. Le texte le présente d'abord comme l'un des « inséparables » d'Horace, puis comme un habitué de Burcy, ce qui le situe parmi les privilégiés mondains liés au comte par une forte camaraderie.
Henri n'est pas le centre de l'intrigue, mais il en est un rouage essentiel. Il sert d'adjuvant au comte Horace dans les scènes les plus sombres de l'œuvre : il participe aux expéditions nocturnes, à l'enlèvement et à l'enfermement de Pauline, et se trouve impliqué dans le réseau criminel qui entoure le château de Burcy. Sa présence contribue à rendre visible la complicité qui soutient les crimes du comte.
Dans plusieurs passages, Henri fonctionne aussi comme un révélateur dramatique. Sa rivalité avec Max autour de la femme capturée, puis son affrontement avec lui, montrent comment la violence du groupe se retourne contre lui-même. Il n'est donc ni simple figurant ni véritable chef : il est un auxiliaire du mal, intégré à une mécanique collective de crime et de désir.
La relation la plus importante d'Henri est celle qui l'unit à Horace. Il lui obéit, le suit, le sert et partage ses sorties armées. Dans la scène du laboratoire, il reste derrière lui à table, armé comme lui, et accepte sans hésiter les gestes du comte, ce qui marque une dépendance nette. Horace le traite avec familiarité et autorité, comme un complice dont il peut diriger les appétits et les actions.
Henri est aussi en relation de rivalité avec Max. Tous deux convoitent la femme prisonnière, et leur désir commun déclenche leur opposition. Cette rivalité est exploitée par Horace qui les pousse à se heurter, puis qui les domine encore en décidant du sort de la femme d'un geste meurtrier. Henri n'a donc pas de relation autonome durable avec les autres personnages féminins ou familiaux ; il existe surtout dans le triangle de la complicité avec Horace et de la concurrence avec Max.
Henri est décrit moins par une psychologie développée que par ses actes. Il apparaît comme un homme violent, disponible pour le crime, sensible au vin et aux passions immédiates. Son comportement dans la scène du laboratoire montre un tempérament brutal, impatient et sensuel : dès qu'il croit pouvoir obtenir la femme, il réclame sa part, s'emporte, puis tire le couteau. Il appartient à une morale de prédateur, où la femme n'est qu'un objet de convoitise et de partage.
Il est aussi marqué par la lâcheté morale propre aux complices. Il ne prend pas l'initiative du crime, mais il l'accepte, l'accompagne et s'y associe sans résistance. Son audace semble moins relever du courage que de l'entraînement dans un groupe où tout est permis. Sa faiblesse principale est donc sa dépendance à Horace, à la violence collective et aux instincts du moment.
Henri évolue peu dans le récit. Il reste tout au long de l'œuvre un homme de l'entourage d'Horace, défini par la fidélité au groupe, la brutalité et la disponibilité au crime. Les événements ne le transforment pas moralement : il participe, convoitise, menace, puis disparaît derrière la volonté supérieure du comte. Cette stabilité fait de lui un type plus qu'un personnage psychologiquement profond.
Henri symbolise la corruption du monde masculin autour d'Horace : une société où l'amitié devient complicité criminelle, où l'honneur affiché masque la prédation et où les apparences du monde élégant recouvrent le brigandage. À travers lui, le texte montre comment le crime peut se banaliser dans un milieu de jeunes gens de bonne compagnie, armés, oisifs et fascinés par la force. Henri révèle ainsi une des critiques centrales de l'œuvre : la violence n'est pas seulement individuelle, elle est aussi sociale, collective et mondaine.
Personnages qui partagent des traits de caractère avec Henri, à travers d'autres œuvres.