La narration simultanée présente l'acte de raconter comme contemporain des événements racontés, sans impliquer que plusieurs actions se déroulent en même temps.
La narration simultanée est une forme de narration dans laquelle l'acte de raconter est présenté comme contemporain des événements racontés. Le narrateur raconte ce qui se passe au moment où il le raconte. La simultanéité concerne donc le rapport entre la narration et l'histoire, et non la coexistence de plusieurs actions.
La narration simultanée emploie généralement le présent, mais ce temps verbal ne suffit pas à la reconnaître. Le présent historique peut raconter des événements passés sans rendre l'acte narratif contemporain de ceux-ci. L'alternance des perspectives et la brièveté des paragraphes ne sont pas des critères définitoires.
Dans la fiction, cette contemporanéité relève d'une convention narrative : le texte présente la narration comme accompagnant les événements, sans exiger que leur déroulement et leur récit aient matériellement la même durée. Une seule action peut donc faire l'objet d'une narration simultanée.
Le mot narration vient du latin narratio, dérivé de narrare, qui signifie "raconter", "faire un récit". Ce terme s'inscrit dans une longue tradition rhétorique où l'on distingue la mise en forme du récit et son organisation temporelle.
L'adjectif simultanée, féminin de « simultané », se rattache au latin simul, « en même temps », par l'intermédiaire du latin médiéval simultaneus. Le terme s'est imposé en français pour désigner ce qui se produit dans le même temps, puis, par extension, ce qui est perçu comme coexistant dans un discours ou une représentation.
En narratologie, Gérard Genette distingue notamment la narration simultanée dans Figures III (1972). Cette catégorie concerne la position temporelle de l'acte narratif par rapport à l'histoire racontée, et non une rupture nécessaire avec la linéarité du récit.
L'entrelacement narratif n'est pas un synonyme de la narration simultanée. Il désigne l'alternance de plusieurs fils d'action, que ceux-ci soient contemporains ou non. La narration simultanée concerne, elle, la relation temporelle entre l'acte de raconter et les événements racontés.
Le parallélisme narratif peut désigner la mise en regard de scènes ou de destins similaires. Il ne suppose ni que ces scènes soient contemporaines, ni que leur narration accompagne leur déroulement : il ne constitue donc pas un équivalent de la narration simultanée.
La polyphonie concerne la pluralité des voix et des perspectives idéologiques dans une œuvre, non le moment de la narration. De même, l'alternance de scènes situées dans des lieux différents ne constitue pas, à elle seule, une narration simultanée.
La narration simultanée et l'ellipse relèvent de deux critères différents. La première concerne le moment de l'acte narratif ; la seconde consiste à passer sous silence une portion de l'histoire.
Le retour en arrière ou analepse concerne l'ordre de présentation des événements : il évoque un événement antérieur au point de l'histoire où le récit est parvenu. Un récit principalement simultané peut comporter de tels retours en arrière.
Le sommaire concerne la vitesse du récit : il condense une durée de l'histoire dans un passage relativement bref. Il ne faut donc pas assimiler la narration simultanée à une égalité de durée entre le récit et les événements, qui caractérise conventionnellement la scène.
La narration simultanée peut donner accès à une expérience en cours, notamment lorsque le récit suit les perceptions ou les pensées d'un personnage. Certains monologues intérieurs peuvent ainsi la mettre en œuvre, sans que tout monologue intérieur relève nécessairement de cette forme de narration.
Lorsque le narrateur est aussi un personnage, raconter au moment même des événements peut limiter son recul : il ne connaît pas encore nécessairement les conséquences de ce qu'il vit. Le lecteur découvre alors une expérience encore ouverte, plutôt qu'un passé déjà interprété.
Il faut distinguer cette configuration de la narration intercalée, dans laquelle les moments de narration s'insèrent entre les moments de l'action. Un journal peut ainsi alterner le récit rétrospectif des événements de la journée et l'expression de sentiments éprouvés au moment de l'écriture.
Il faut déterminer si les événements sont présentés comme se déroulant au moment où le narrateur les raconte. Les repères renvoyant au moment de l'énonciation peuvent aider, mais doivent être interprétés dans leur contexte. Un récit au présent situé explicitement dans un passé historique ne suffit pas à établir cette contemporanéité.
Non. La narration simultanée peut être à la première ou à la troisième personne. La personne grammaticale et la participation du narrateur à l'histoire sont distinctes de sa position temporelle : il faut analyser séparément ces caractéristiques.
Il faut justifier la relation temporelle entre l'acte de raconter et les événements, en examinant les temps verbaux et les repères d'énonciation. On peut ensuite étudier les éventuels changements de position temporelle : souvenirs, anticipations ou passages rétrospectifs. L'analyse doit montrer comment ces variations orientent la lecture, plutôt que déduire automatiquement la simultanéité de l'emploi du présent.
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